Les États-Unis sont confrontés à une grave épidémie de rougeole, qui a entraîné plusieurs décès et provoqué un conflit politique acerbe entre responsables étatiques et fédéraux.
En 2000, le pays avait déclaré la rougeole éliminée. Pourtant, depuis le début de l’année, plus de 3 290 cas confirmés de cette maladie hautement contagieuse ont été recensés à travers le pays, dont près de 700 en Pennsylvanie.
Un bilan humain qui s’alourdit
Mardi, les autorités de Pennsylvanie ont annoncé le décès d’un homme de 18 ans non vacciné contre la rougeole. Selon le médecin légiste du comté, il est mort d’une encéphalomyélite aiguë disséminée, une affection neurologique rare pouvant survenir après une infection rougeoleuse.
Samedi, une femme de 40 ans a été signalée comme décédée de la maladie, bien que le département fédéral de la Santé n’ait pas encore officiellement reconnu ce décès. Elle n’était pas non plus vaccinée. Avant eux, deux enfants trop jeunes pour être vaccinés étaient morts.
Ces décès s’ajoutent à trois autres enregistrés aux États-Unis en 2025, lorsque l’épidémie actuelle a débuté. Un tel niveau de mortalité n’avait pas été atteint depuis 1991. Surtout, les données des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) montrent que la proportion de cas confirmés cette année a atteint 95 % des cas suspects, contre 69 % en 2024.
Un jeu de reproches politiques
Ce ratio rend d’autant plus difficile à comprendre le différend en cours entre le gouverneur démocrate de Pennsylvanie, Josh Shapiro, et le secrétaire à la Santé de Donald Trump, Robert Kennedy Jr., connu pour ses positions sceptiques à l’égard des vaccins.
Mardi, Shapiro a accusé Kennedy sur X d’alimenter des craintes injustifiées à propos du vaccin et de rendre ces décès invisibles.
Selon le gouverneur, le secrétaire aurait ordonné au CDC de ne pas compter ces quatre décès, « probablement parce qu’ils ne correspondent pas à son récit trompeur ».
Kennedy a rejeté ces accusations, dénonçant ce qu’il qualifie de « politisation » de ces décès. Il a remis en question, dans certains cas, leur lien avec la rougeole. Dans sa réponse au gouverneur, le secrétaire lui a reproché de « diffamer » la communauté amish tout en refusant l’aide fédérale.
Une couverture vaccinale en baisse
Bien que la vaccination soit obligatoire aux États-Unis, les Américains d’une grande partie du pays peuvent contourner la règle en invoquant des raisons religieuses, voire philosophiques.
Les dernières données sur la couverture vaccinale montrent que celle-ci chez les enfants entrant en maternelle aux États-Unis a reculé, passant de 95,2 % durant l’année scolaire 2019-2020 à 92,4 % durant l’année scolaire 2025-2026. Cela expose environ 280 000 enfants à un risque d’infection au cours de l’année scolaire la plus récente.
