Le président Donald Trump a lancé America.gov le mardi 29 septembre, un nouveau site internet doté d’intelligence artificielle destiné à regrouper plusieurs services du gouvernement fédéral en un seul portail numérique. La plateforme promet aux citoyens de pouvoir signaler un changement de nom ou demander un nouveau passeport en quelques clics.
Lors d’un événement consacré au projet à Washington, le président, défenseur affiché de l’intelligence artificielle, a présenté la plateforme comme une avancée majeure pour l’efficacité de l’administration.
Une promesse de simplicité
« America.gov utilise l’intelligence artificielle pour obtenir des réponses simples uniquement à partir de sources gouvernementales officielles », peut-on lire sur le site. Trump a présenté l’initiative comme un transfert de pouvoir vers les citoyens.
« Ce n’est pas juste un site internet… nous remettons le pouvoir et le contrôle entre les mains du peuple, là où ils doivent être », a déclaré Trump lors du lancement, alors que son administration peine à susciter l’enthousiasme du public pour cette technologie.
Il a décrit la plateforme comme « une réinvention de votre gouvernement pour le 21e siècle et au-delà », qui rend l’accès aux services nécessaires « infiniment plus simple, plus rapide et plus pratique ».
Des démarches allégées
Les applications concrètes de la plateforme visent à supprimer les frictions bureaucratiques. Pour une demande de nouveau passeport, l’utilisateur n’aurait par exemple pas à ressaisir ses informations personnelles, qui s’affichent automatiquement, ni à se rendre dans une cabine dédiée pour une photo, comme l’a souligné le département d’État dans une vidéo promotionnelle.
« Pas de formulaires à imprimer… pas de rendez-vous, pas de files d’attente, pas d’intermédiaire payé pour accomplir une tâche qui devrait vous être directement accessible », a vanté le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Le projet est dirigé par le cofondateur d’Airbnb Joe Gebbia et voit le jour dans un contexte de vif débat sur la sécurité de l’IA et d’inquiétude croissante du public. Selon un sondage CNN, 82 % des Américains se disent « inquiets » du rythme de développement de l’IA.
Plusieurs incidents signalés ces derniers mois par OpenAI, Anthropic, Google et Meta ont relancé ces débats, faisant du sujet un thème de campagne à l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre.
Des réponses qui contredisent le président
Trump lui-même pourrait s’agacer d’America.gov. Selon l’Associated Press, l’intelligence artificielle fournit des réponses qui contredisent les affirmations du président, indiquant par exemple que Joe Biden a remporté l’élection de 2020.
De même, la plateforme répond que le changement climatique est principalement lié aux activités humaines et que le Pentagone est le siège du département de la Défense, alors que Trump a signé un décret pour le rebaptiser département de la Guerre.
Les journalistes de l’AP ont toutefois noté que, sur la question de l’élection de 2020, l’IA a ensuite modifié sa réponse lorsque la question a été posée à nouveau. America.gov a par la suite expliqué ne pas pouvoir répondre aux « questions politiques ».
Le lancement illustre l’équilibre délicat entre l’adoption du potentiel de l’IA pour l’efficacité gouvernementale et la gestion de ses productions imprévisibles, en particulier lorsque celles-ci entrent en conflit avec la communication de l’administration.
