La cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence, siégeant à Digne-les-Bains, a condamné samedi 23 mai Guillaume B. à 25 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté des deux tiers pour viol aggravé, torture et actes de barbarie infligés à son ancienne compagne, Laëtitia R., durant sept années d’une violence inouïe.
Cet ancien directeur de banque de 51 ans, jugé depuis lundi, répondait de viol aggravé, d’actes de torture et de barbarie, ainsi que de proxénétisme. Lors de sa dernière déclaration avant le verdict, Guillaume B., en larmes, a affirmé regretter « certaines choses » tout en niant être « le monstre qu’ils décrivent ». Le ministère public avait requis la réclusion criminelle à perpétuité.
**Un témoignage public inspiré par Gisèle Pélicot**
Tout au long d’une semaine d’audiences publiques, l’accusé a reconnu la plupart des violences physiques : coups, tatouage dégradant, actes de zoophilie, brûlures, strangulations et scatophilie. Il a également admis avoir imposé des relations sexuelles avec d’autres hommes, que Laëtitia R. estime à près de 500 rencontres. Depuis le box des accusés, l’homme aux cheveux gris a qualifié le procès d’« accélérateur de prise de conscience ».
Laëtitia R., dont le taux d’incapacité est reconnu entre 50 % et 80 %, avait expressément demandé que les débats soient publics. Son avocate a indiqué qu’elle s’était inspirée du courage de Gisèle Pélicot, devenue une icône mondiale de la lutte contre les violences sexuelles après avoir témoigné publiquement des viols orchestrés par son ex-mari et des dizaines d’autres hommes.
**Le poids des preuves**
La cour a entendu de nombreux témoignages détaillant les souffrances « indicibles » endurées par Laëtitia R., une période qu’elle avait auparavant décrite comme marquée par « l’envie de mourir ». La sévérité de la peine, qui inclut une longue période de sûreté avant toute possibilité de libération conditionnelle, reflète la gravité des violences physiques et psychologiques continues qui ont marqué cette relation.
Cette affaire a eu un retentissement national, établissant des parallèles frappants avec le procès historique Pélicot et mettant en lumière les formes extrêmes de violences conjugales et d’exploitation sexuelle pouvant rester cachées pendant des années. La tenue publique du procès a été perçue comme une étape cruciale pour la victime, transformant sa douleur privée en une prise de position publique contre la captivité domestique de longue durée et les violences sexuelles.
