Le vol d’essai très attendu du Starship, la fusée de nouvelle génération de SpaceX, a été brutalement interrompu quelques secondes avant le décollage lundi, marquant un revers tendu pour l’entreprise spatiale d’Elon Musk, à quelques semaines seulement de son introduction en bourse très médiatisée. Les ingénieurs ont été contraints d’annuler le lancement après qu’une goupille hydraulique critique du bras de support de la tour de lancement n’a pas réussi à se rétracter, empêchant ainsi le véhicule massif d’être libéré.
Le compte à rebours du lancement a été un véritable montagnes russes, ponctué de suspensions et de reprises, avant que les contrôleurs de mission ne finissent par annuler la tentative. « Nouvelle fusée, nouveau pas de tir : nous apprenons beaucoup sur ces systèmes en les utilisant pour la première fois, et nous n’avons tout simplement pas pu résoudre tous ces problèmes dans les dernières secondes avant le lancement », a expliqué Dan Huot, porte-parole de SpaceX, lors de la retransmission en direct.
Une panne mécanique de dernière minute
Elon Musk a ensuite pris la parole sur les réseaux sociaux pour fournir une explication technique de l’annulation. « La goupille hydraulique qui maintenait le bras de la tour en place ne s’est pas rétractée », a-t-il écrit, ajoutant qu’une nouvelle tentative de lancement pourrait avoir lieu le lendemain si le problème « pouvait être résolu dans la nuit ». La fusée de 124 mètres de haut, une version améliorée du modèle précédent, est restée au sol pendant que les ingénieurs évaluaient la défaillance.
Des enjeux élevés avant une introduction en bourse massive
Ce retard survient à un moment crucial pour le fabricant aérospatial. SpaceX se prépare à une cotation boursière monumentale, des documents déposés auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine révélant pour la première fois les données financières de l’entreprise. Un vol réussi devait démontrer la fiabilité des améliorations apportées à la fusée, qui sont essentielles aux futures missions lunaires de la NASA dans le cadre du programme Artemis.
Le plan de vol était ambitieux. La mission visait à déployer un lot de simulateurs de satellites Starlink et à tester le bouclier thermique amélioré du véhicule avant un amerrissage prévu dans l’océan Indien. Ce test était le 12e vol du système Starship et le premier en sept mois, faisant de l’interruption de dernière minute une déception opérationnelle significative.
Colonies martiennes et bonus de plusieurs milliards de dollars
La pression pour réussir dépasse l’horizon financier immédiat. Les documents déposés auprès de la SEC ont également révélé deux plans de rémunération massifs pour Musk. Le paiement intégral, qui pourrait augmenter sa fortune d’au moins 130 milliards de dollars, est conditionné à des étapes extrêmes, notamment la création d’une colonie autonome sur Mars comptant au moins un million d’habitants. Pour l’instant, l’objectif immédiat reste plus terre à terre : faire décoller en toute sécurité le Starship amélioré du pas de tir.
