Les pourparlers diplomatiques reprennent dans un contexte de déploiements de navires de guerre et d’exercices dans le détroit d’Ormuz. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a averti que parvenir à un nouvel accord nucléaire avec l’Iran serait difficile, adoptant un ton sobre à la veille de discussions cruciales à Genève. S’exprimant à Budapest lundi, Rubio a présenté le défi comme celui de traiter avec un régime prenant « des décisions théologiques, non géopolitiques ». Ses commentaires soulignent la méfiance profonde qui définit les négociations, qui reprennent sur fond d’escalade militaire significative.
**Des Exigences Élargies et des Lignes Rouges Iraniennes**
Le périmètre des discussions est un point central de discorde. Alors que l’Iran cherche un allègement complet des sanctions en échange de limites à son programme nucléaire, Washington pousse pour inclure des questions non nucléaires, spécifiquement le stock de missiles balistiques de Téhéran. Les officiels iraniens ont répété que les missiles étaient « hors de la table ». Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi, qui a rencontré le chef de l’agence nucléaire de l’ONU à Genève, a déclaré sur les réseaux sociaux que « se soumettre aux menaces » n’était pas une option, signalant la posture de défi de Téhéran.
**Renforcement Militaire et Manœuvres Stratégiques**
La manœuvre diplomatique s’accompagne de préparatifs militaires visibles. Les États-Unis ont ordonné l’envoi d’un second groupe aéronaval au Moyen-Orient, s’ajoutant à une présence navale et aérienne substantielle. Cela fait suite aux frappes aériennes conjointes américano-israéliennes sur des sites nucléaires iraniens en juin. En réponse, les Gardiens de la Révolution iraniens ont lancé lundi un exercice militaire nommé « Contrôle Intelligent du Détroit d’Ormuz », testant leur capacité à protéger – ou potentiellement à fermer – cette voie navigable vitale où transite un cinquième du pétrole mondial.
**Désaccords Fondamentaux : Enrichissement et Inspections**
Les désaccords fondamentaux restent non résolus. Les États-Unis et Israël exigent que l’Iran démantèle son infrastructure d’enrichissement nucléaire, et pas seulement qu’il la mette en pause. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a souligné ce point, affirmant que tout accord doit prévoir le retrait du matériel enrichi du pays. Parallèlement, l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) presse l’Iran de justifier la disparition de 440 kg d’uranium hautement enrichi et d’autoriser des inspections complètes sur les sites bombardés l’année dernière, notamment Natanz et Fordow.
L’Iran maintient que son programme est pacifique et est prêt à discuter de limites d’enrichissement contre un allègement des sanctions, mais rejette l’option « zéro enrichissement ». Le vice-ministre des Affaires étrangères Majid Takht-Ravanchi a suggéré que l’Iran était ouvert au compromis, déclarant à la BBC que la balle était « dans le camp de l’Amérique pour prouver qu’elle veut conclure un accord ».
**Enjeux Mondiaux et Points Chauds Régionaux**
L’issue a d’immenses conséquences mondiales. Un échec diplomatique risque une confrontation militaire plus poussée, qui pourrait déstabiliser la région et déclencher une flambée des prix du pétrole si le détroit d’Ormuz est menacé. Les États arabes du Golfe ont appelé à une résolution diplomatique. Alors que les deux camps affichent leur posture avant la réunion de Genève, l’étroit chemin vers un accord semble semé d’obstacles théologiques, géopolitiques et militaires que le secrétaire Rubio a prévenu qu’il serait « difficile » de surmonter.
