Les riverains de l’école élémentaire Stalingrad à Nantes ont lancé une pétition pour exprimer leur inquiétude grandissante face au trafic et à la consommation de drogue dans leur quartier. Le texte, qui a déjà recueilli 235 signatures, décrit une « multiplication des points de deal et de consommation » qui se sont étendus aux immeubles d’habitation et aux abords.
« Nous n’aimerions pas que nos enfants tombent sur une seringue ! », s’exclame un habitant près de l’école, située à deux pas de la gare de Nantes. Depuis au moins trois mois, les résidents observent des points de deal actifs en plein jour : sur la terrasse d’un PMU du boulevard de Stalingrad, dans les buissons de la rue François Evellin et dans l’impasse du Bourg Fumé.
Arthur*, un père de famille trentenaire, croise régulièrement des groupes fumant du crack en raccompagnant sa fille de l’école. « Ils ne font pas forcément de problème, constate-t-il, mais disons que ce n’est pas le lieu adapté. » Installé dans le secteur depuis trois ans, il trouve de plus en plus de seringues usagées et de déchets liés à la drogue, particulièrement depuis la fin de l’année dernière.
Malgré des patrouilles régulières de police dans la zone, les habitants estiment que l’action des forces de l’ordre reste insuffisante. « Nous appelons régulièrement la police pour signaler des faits, ajoute Arthur, mais globalement, nous sentons une certaine laxité. » Un agent de police municipale a confirmé que leurs interventions concernaient principalement les problèmes de trafic, tout en s’interrogeant sur l’impact réel d’une pétition.
Bassem Asseh, adjoint au maire chargé de la sécurité, fait état de plus de 90 interventions dans le secteur depuis début février. Si la présence policière accrue empêche l’ancrage des points de deal, l’élu nuance : « Cela ne règle pas forcément le problème. On parle de personnes qui ont besoin d’un accompagnement social pour s’en sortir. »
Christiane* et son mari, des riverains de longue date, constatent une augmentation des squats à l’entrée de leur immeuble et des actes de vandalisme répétés, comme une porte défoncée à plusieurs reprises. « Nous ne signalons pas forcément des violences, explique Christiane, mais plutôt un sentiment d’insécurité. »
Si certains résidents doutent de l’efficacité concrète de la pétition, Bassem Asseh en défend le principe : « En démocratie, il est important que les citoyens s’expriment. Quand on passe de deux signalements à dix appels par semaine, puis à une pétition, il faut apporter une réponse plus directe et concentrée. »
Cette situation illustre le défi complexe des villes françaises, qui doivent concilier action policière et soutien social aux usagers de drogue, notamment lorsque la sécurité des enfants devient une préoccupation majeure pour les habitants.
*Les prénoms ont été modifiés.
