La mégalopole pakistanaise de Karachi a subi un second jour de paralysie ce lundi 2 mars 2026. Deux de ses principales artères sont restées fermées, et de nombreuses écoles sont restées portes closes, dans un contexte de violentes manifestations suite à l’assassinat du Guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, dans des frappes attribuées aux États-Unis et à Israël. La ville a été le théâtre de graves perturbations de la circulation et d’un important verrouillage sécuritaire, particulièrement autour du Consulat des États-Unis.
Un périmètre de sécurité strict a été maintenu par les autorités autour de la mission diplomatique américaine. Des axes critiques, dont le carrefour PIDC, Boat Basin et la zone de la Tour, ont été obstrués avec des conteneurs maritimes. Les fermetures clés comprenaient notamment le pont du carrefour PIDC vers la route MT Khan, la route Molvi Tamizuddin depuis la Mere Weather Tower, et l’axe de Boat Basin vers la déviation de Mai Kolachi. Des effectifs de police et des Rangers ont été déployés par roulement devant le consulat. Si certaines routes, comme Sharea Faisal près du saut-de-mouton FTC, ont été rouvertes plus tard, le périmètre de sécurité central est resté infranchissable.
Les manifestations ont dégénéré en violence dimanche. Un poste de police routière sous le pont Sultanabad a été incendié, et les forces de l’ordre ont eu recours à des tirs à balles réelles près du Central Police Office sur la route II Chundrigar pour disperser un rassemblement. Selon des sources policières et hospitalières, au moins 34 personnes ont été blessées, toutes par balles. Le gouvernement du Sindh a confirmé que des manifestants avaient franchi le cordon de sécurité extérieur du consulat américain, entraînant des actes de vandalisme.
Face à la crise, le gouvernement du Sindh a formé une équipe commune d’enquête (JIT) de haut niveau pour mener l’investigation. Le ministre en chef du Sindh, Murad Ali Shah, a exprimé sa profonde tristesse suite à la mort de Khamenei et a demandé une enquête impartiale. Il a également contacté d’éminents leaders religieux, les exhortant à aider à apaiser le sentiment public et à maintenir la paix. « Le ministre en chef a appelé les érudits religieux à jouer leur rôle pour maintenir la paix et a également demandé au public de coopérer avec le gouvernement dans l’intérêt de l’ordre public », a indiqué un communiqué gouvernemental. Les écoles des zones touchées ont été fermées en raison des blocages routiers et des préoccupations sécuritaires.
Les troubles à Karachi s’inscrivent dans une vague de protestations plus large à travers le Pakistan suite au choc géopolitique de l’assassinat de Khamenei, soulignant les répercussions régionales immédiates de l’escalade de la crise au Moyen-Orient.
