Les gouvernements provinciaux du Khyber Pakhtunkhwa (KP) et du Balochistan ont instauré des fermetures anticipées obligatoires pour les établissements commerciaux, les salles de mariage et les restaurants. Ces mesures drastiques d’économie d’énergie, officialisées par des notifications, visent à réduire la consommation électrique dans un contexte de crise nationale du carburant, elle-même aggravée par les perturbations du marché mondial.
**Directives provinciales et exemptions**
Au Khyber Pakhtunkhwa, une notification du bureau du Secrétaire en chef ordonne la fermeture des marchés, centres commerciaux et établissements commerciaux des chefs-lieux de division à 21h00, et à 20h00 pour les autres districts. Les restaurants, cafés et gargotes doivent fermer à 22h00, bien que les services de livraison à domicile et de vente à emporter soient autorisés à continuer.
Toutes les salles de mariage, chapiteaux et lieux d’événements doivent conclure leurs réceptions à 22h00. Les restrictions s’appliquent également aux bureaux privés, banques, académies, boutiques et salles de sport.
Les exemptions clés comprennent :
* Les pharmacies (ouvertes 24h/24 pour la vente de médicaments uniquement)
* Les tandoors (fours en argile)
* Les stations-service et les transports publics
* Les hôpitaux, laboratoires et services d’urgence
* Les activités agricoles et de construction
* Les unités industrielles et usines (avec interdiction de l’éclairage inutile)
Les autorités ont également interdit l’éclairage décoratif et les projecteurs sur les bâtiments et places, ordonné l’extinction des panneaux publicitaires et écrans LED après les heures d’ouverture, et banni l’utilisation de générateurs pour les activités commerciales non essentielles. Les bureaux gouvernementaux doivent éteindre tous les appareils électriques lorsqu’ils ne sont pas utilisés.
**Mesures parallèles au Balochistan**
Le Département de l’Intérieur du Balochistan a annoncé des mesures quasi identiques, précisant qu’elles découlent des décisions sur les subventions au carburant et l’économie d’énergie supervisées par le Vice-Premier ministre Ishaq Dar. Tous les marchés et centres commerciaux doivent fermer à 20h00, les pharmacies et tandoors étant exemptés. Les événements matrimoniaux dans les salles, les banquets, hôtels et restaurants doivent prendre fin à 22h00, tout comme les activités des restaurants et hôtels.
Le département a déclaré que l’objectif est de conserver l’énergie et d’apporter un soulagement au public, chargeant les administrations de district et les forces de l’ordre d’une application stricte.
**Contexte de la hausse des coûts de l’énergie**
Ces mesures d’austérité interviennent alors que le Pakistan lutte contre l’impact économique de la hausse des prix mondiaux du carburant, déclenchée par le conflit en cours au Moyen-Orient. La guerre, qui a commencé avec les attaques conjointes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février, a conduit Téhéran à cibler des bases américaines et à bloquer effectivement le détroit d’Ormuz – un point de passage critique pour le transport pétrolier mondial.
Le Pakistan a annoncé une augmentation de 55 roupies par litre du prix de l’essence et du diesel le 6 mars, invoquant des perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Un plan d’austérité plus large, incluant une semaine de travail de quatre jours et des réductions des dépenses gouvernementales, a également été introduit.
Des hausses de prix ultérieures ont porté l’essence à 458,41 roupies le litre le 2 avril, avant que le Premier ministre Shehbaz Sharif n’annonce une réduction d’un mois à 378 roupies le litre en baissant la taxe pétrolière. Dans une adresse à la nation, le PM a également détaillé un plan de soutien avec des subventions pour les transporteurs et les petits agriculteurs, et prolongé de deux à six mois la renonciation au salaire des membres du cabinet.
**Application et pénalités**
Les commissaires adjoints dans les deux provinces ont été chargés d’assurer le respect des mesures. Les responsables avertissent que les violations entraîneront des inspections et des poursuites judiciaires, soulignant la gravité de la crise énergétique et l’engagement du gouvernement en faveur des économies.
