Les arrestations massives lors d’une manifestation à Londres surviennent alors qu’une délégation du Hamas s’apprête à des pourparlers cruciaux avec des médiateurs égyptiens au Caire ce dimanche. La police métropolitaine de Londres a arrêté plus de 500 manifestants pro-palestiniens lors d’un sit-in sur Trafalgar Square samedi. Les interpellations, concernant des personnes âgées de 18 à 87 ans, visaient des sympathisants du groupe interdit Palestine Action. Le groupe Hamas entend aborder les violations présumées du fragile cessez-le-feu à Gaza, exigeant la fin des opérations militaires, la réouverture complète des points de passage frontaliers et une augmentation de l’aide humanitaire.
De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a condamné un « modèle implacable de meurtres » à Gaza, évoquant une « impunité généralisée ». Cette condamnation fait suite à des rapports faisant état de violences mortelles continues. Jeudi, des tirs israéliens ont tué une jeune étudiante, Ritaj Rihan, dans une salle de classe sous tente à Beit Lahiya. Des frappes aériennes distinctes à Jabalia et Khan Younis ont coûté la vie à trois autres personnes. Parallèlement, un grave blocus médical persiste. L’organisation d’aide Medical Aid for Palestinians rapporte que plus de la moitié des médicaments essentiels et 64% des traitements contre le cancer sont en rupture de stock à Gaza, où plus de 18 500 patients dans un état critique attendent une évacuation.
Les efforts pour stabiliser Gaza se heurtent à d’importants obstacles politiques et financiers. Israël a empêché l’Espagne de participer à un centre de coordination dirigé par les États-Unis pour surveiller la trêve, accusant Madrid de « parti pris anti-israélien ». Par ailleurs, une composante clé du plan de paix américain est au point mort. Des sources indiquent que le Conseil de la Paix de Donald Trump a reçu moins d’un milliard de dollars sur les 17 milliards promis, anéantissant sa capacité à déployer un corps administratif palestinien à Gaza. Cette crise financière est exacerbée par les tensions régionales, notamment la guerre avec l’Iran.
En Cisjordanie occupée, l’organisation de surveillance israélienne La Paix Maintenant a rapporté l’approbation de 34 nouvelles colonies juives, une initiative qualifiée par la Présidence palestinienne de « violation flagrante du droit international ». Cette expansion coïncide avec une recrudescence de la violence des colons. Dans le même temps, le bilan des journalistes tués continue de s’alourdir. Une frappe de drone israélienne a tué mercredi le correspondant d’Al Jazeera, Mohammed Wishah, portant à 12 le nombre de morts du réseau depuis le début de la guerre et faisant monter le total des journalistes tués à Gaza à au moins 262.
