La Chine a vivement condamné le blocus naval imposé par les États-Unis sur les ports iraniens, le qualifiant d’action « dangereuse et irresponsable ». Cette déclaration du ministre des Affaires étrangères Wang Yi intervient alors que le blocus ordonné par le président Donald Trump est entré en vigueur lundi, ciblant tout navire entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniennes. Cette décision fait suite à l’échec des négociations directes entre les États-Unis et l’Iran à Islamabad ce week-end.
En défi au blocus, un pétrolier sous sanctions américaines et appartenant à des intérêts chinois a franchi le détroit d’Hormuz mardi. Le Rich Starry, transportant environ 250 000 barils de méthanol, serait le premier navire à quitter le Golfe depuis le début du blocus, selon les données maritimes de LSEG, MarineTraffic et Kpler. Un second pétrolier sanctionné, le Murlikishan, a également été observé se dirigeant vers le détroit.
De son côté, l’Iran a formellement rejeté le blocus, le dénonçant comme une « violation grave de sa souveraineté » dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Parallèlement, le président Trump a lancé un avertissement explicite sur Truth Social, menaçant de « DÉTRUIRE immédiatement » toute vedette rapide iranienne qui s’approcherait du blocus. Il a affirmé que les dirigeants iraniens « veulent un accord à tout prix ».
Alors que les tensions maritimes s’exacerbent, des pourparlers de paix distincts entre le Liban et Israël se sont ouverts à Washington sous médiation américaine. Leurs perspectives semblent toutefois compromises après que le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a exigé leur annulation, les qualifiant de « capitulation ». Ces négociations se déroulent dans un contexte de violences persistantes ; l’armée israélienne a annoncé la mort d’un soldat dans le sud du Liban mardi.
Le blocus suscite également l’inquiétude d’autres nations. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exhorté à sa levée, mettant en garde contre ses « conséquences négatives ». Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, s’exprimant après une rencontre avec le président chinois Xi Jinping, a déclaré que la Chine « peut jouer un rôle important » dans la résolution du conflit au Moyen-Orient. Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé toutes les parties à respecter la liberté de navigation conformément au droit international.
Ce blocus représente une escalade significative dans le conflit régional en cours, risquant de perturber davantage le transport maritime mondial et les marchés de l’énergie via le détroit d’Hormuz, point de passage critique. Avec des canaux diplomatiques sous tension et des postures militaires qui se durcissent, la voie vers la désescalade demeure incertaine.
