ISLAMABAD – Les autorités sanitaires fédérales ont ordonné l’application nationale de l’interdiction des seringues jetables classiques et lancé une évaluation des alternatives plus sûres, en réponse aux préoccupations croissantes concernant les pratiques d’injection non sécurisées liées à la propagation du VIH et d’autres maladies transmissibles par le sang.
Ces décisions ont émergé d’une réunion de haut niveau présidée par le directeur général de la santé, le Dr Abdul Wali Khan, au sein de l’Autorité de réglementation des médicaments du Pakistan (DRAP). La session comprenait le PDG de la DRAP, le Dr Obaidullah, de hauts responsables du ministère de la Santé, le chef adjoint de l’Organisation mondiale de la santé au Pakistan, des représentants de l’UNICEF, les directeurs exécutifs des grands hôpitaux, des responsables de l’Institut national de la santé (NIH) et des experts en maladies infectieuses.
**Des injections non sécurisées alimentent la transmission du VIH**
Les responsables ont indiqué que la réunion a examiné la hausse des infections au VIH parmi les enfants et la population générale. Une inquiétude particulière a été soulevée concernant la réutilisation des seringues, les mauvaises mesures de prévention des infections et les pratiques d’injection non sécurisées dans les établissements de santé cliniques et informels.
Les experts en santé avertissent depuis longtemps qu’une proportion significative des infections au VIH au Pakistan est liée à la réutilisation des seringues et aux transfusions sanguines non sécurisées. L’utilisation généralisée des seringues jetables classiques augmente le risque de transmission du VIH, de l’hépatite B et de l’hépatite C.
**Examen des alternatives de seringues plus sûres ordonné**
En réponse, le ministère fédéral de la Santé a décidé de former un sous-comité d’experts. Ce comité évaluera si l’utilisation continue des seringues classiques doit être restreinte ou remplacée par des seringues auto-bloquantes ou auto-destructrices, conçues pour empêcher la réutilisation.
**Étude de marché et actions de contrôle**
Parallèlement à cet examen politique, la DRAP a ordonné une application stricte de l’interdiction existante sur les seringues jetables classiques. Dans une directive émise le 22 avril, la Division de l’assurance qualité et des tests en laboratoire de la DRAP a chargé la Task Force nationale pour l’éradication des produits falsifiés et de qualité inférieure de mener une étude de marché à l’échelle nationale.
La directive vise à garantir le respect de l’interdiction, imposée le 31 juillet 2021, qui prohibe l’importation et la fabrication de ces seringues et annule tous les enregistrements de produits. Cependant, des inquiétudes persistent quant à la circulation continue de ces produits, en particulier sur les marchés non réglementés.
Les autorités provinciales de contrôle des médicaments ont été invitées à prendre des mesures réglementaires strictes contre toute violation. Un rapport complet sur les conclusions et les actions de contrôle a été demandé d’ici le 27 avril.
**S’attaquer à un facteur clé des infections**
Les responsables ont déclaré que cette répression vise à retirer les seringues non sécurisées de la circulation et à s’attaquer à l’un des principaux moteurs des infections transmissibles par le sang dans le pays. Les experts en santé ont averti à plusieurs reprises que le Pakistan reste l’un des plus grands utilisateurs d’injections thérapeutiques au monde, avec des millions d’injections administrées chaque jour, dont beaucoup sont inutiles et réalisées selon des pratiques non sécurisées.
Les participants à la réunion ont souligné la nécessité de renforcer les systèmes de prévention et de contrôle des infections, d’améliorer la surveillance des prestataires de soins de santé et d’accroître la sensibilisation du public pour décourager les injections inutiles. Les responsables ont également souligné l’importance de garantir la disponibilité d’alternatives plus sûres, notamment les seringues auto-bloquantes, en particulier dans les programmes de santé publique.
