Les Émirats Arabes Unis mènent un examen approfondi de leur participation aux organisations multilatérales, a confirmé un haut responsable mercredi, tout en excluant tout projet immédiat de nouveaux retraits après leur départ choc de l’OPEP.
Le responsable, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, a indiqué que le pays évalue de manière large l’utilité de ses adhésions. Cette déclaration intervient alors que des spéculations généralisées suggéraient qu’Abou Dhabi pourrait également quitter la Ligue arabe ou le Conseil de coopération du Golfe (CCG) après avoir annoncé son départ de l’OPEP et de l’OPEP+, effectif à partir du 1er mai.
**Réévaluation alimentée par les tensions géopolitiques**
Cet examen s’inscrit dans un réalignement plus large des alliances depuis le début de la guerre en Iran. Abou Dhabi a critiqué la réponse du CCG au conflit, qu’elle a qualifiée d’insuffisante.
« Il est vrai que, sur le plan logistique, les pays du CCG se sont soutenus mutuellement, mais sur le plan politique et militaire, je pense que leur position a été la plus faible de l’histoire », a déclaré lundi le haut responsable émirati Anwar Gargash lors d’une conférence. « Je m’attendais à une position aussi faible de la part de la Ligue arabe, et cela ne me surprend pas, mais je ne m’y attendais pas de la part du CCG, et cela me surprend. »
**L’autonomie stratégique comme principe directeur**
Gargash avait déjà signalé que les Émirats allaient « examiner » leurs relations régionales et internationales pour « déterminer sur qui l’on peut compter », associant cet examen à des mesures visant à renforcer la puissance économique et financière du pays. « L’autonomie stratégique reste le choix durable des Émirats », a déclaré Gargash.
Les Émirats Arabes Unis, un pôle commercial majeur et un allié clé des États-Unis, mènent depuis longtemps une politique étrangère affirmée, se taillant une sphère d’influence distincte au Moyen-Orient et en Afrique. Cette dernière décision souligne une tendance croissante du pays à privilégier ses propres intérêts stratégiques par rapport aux alignements traditionnels des blocs.
