Dans un coup de force politique, le leader du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) Murad Saeed a démissionné de son siège au Sénat. Le parti a confirmé samedi que Saeed avait soumis sa démission au président Barrister Gohar Ali Khan. Dans une lettre publiée sur le compte officiel des réseaux sociaux du parti, Saeed a lancé une attaque féroce contre le Parlement actuel, le qualifiant de « façade pour des forces inconstitutionnelles » et d' »insulte majeure et frauduleuse au mandat public ».
Il a argué que cette institution, « fondée sur l’illégitimité », a dévoyé son autorité et est devenue complice de la négation de la volonté populaire. Saeed, élu sénateur du Khyber Pakhtunkhwa en juillet 2025 mais n’ayant jamais prêté serment alors qu’il était dans la clandestinité, a déclaré que sa démission était une protestation contre l’emprisonnement des législateurs qui réclament des droits fondamentaux pour le « premier ministre élu et réel », une référence claire au fondateur emprisonné du PTI, Imran Khan.
Allant au-delà de son départ personnel, Saeed a lancé un appel direct à tous les leaders et membres du PTI. Il les a exhortés à démissionner immédiatement des assemblées provinciales, du Sénat et de tous les autres sièges législatifs. Cet appel à un retrait complet des corps élus marque une escalade significative dans la stratégie du parti contre le gouvernement actuel et attise la crise politique en cours.
La démission de Saeed intervient dans un contexte de tensions accrues autour de la santé d’Imran Khan. Le gouvernement a annoncé une décision de transférer l’ancien premier ministre emprisonné et souffrant dans un hôpital pour un traitement par des spécialistes des yeux. Cette décision faisait suite à un tollé public après que l’avocat de Khan a affirmé que ce dernier avait perdu 85% de la vue de son œil droit en prison.
Cependant, le PTI a rejeté tout transfert sans l’accord préalable de la famille de Khan et de ses médecins personnels. Un porte-parole du parti a exigé que tout examen médical se déroule en présence d’au moins un membre de la famille et qu’aucun traitement ne procède sans ses médecins personnels, mettant en garde le gouvernement contre les conséquences de « toute action secrète ou unilatérale ».
Malgré l’annonce du gouvernement, le sit-in d’opposition du PTI devant le Parlement s’est poursuivi pour son troisième jour, témoignant d’une méfiance profondément ancrée et d’un refus de désamorcer l’impasse politique.
