Le paysage diplomatique fragile du Moyen-Orient est devenu plus volatil samedi, alors que l’Iran a lancé un avertissement sévère aux puissances internationales, affirmant que les nations co-parrainant une résolution menée par les États-Unis aux Nations Unies partageraient la responsabilité directe de toute future escalade militaire de Washington. Cette déclaration est intervenue au milieu d’une série de développements signalant à la fois le lourd tribut humanitaire du conflit et les ondes de choc économiques mondiales provenant du détroit d’Ormuz.
**Tempête diplomatique aux Nations Unies**
Dans une déclaration cinglante, la mission iranienne auprès de l’ONU a accusé les États-Unis d’utiliser le soutien à un projet de résolution « politiquement motivé et partial » pour justifier des « actions illégales en cours » et d’éventuelles nouvelles frappes. La mission a averti que les États co-parrains ne seraient pas protégés de leur responsabilité par des manœuvres diplomatiques.
« Si les États-Unis déclenchent une nouvelle escalade, tous les États co-parrains partageront la responsabilité internationale aux côtés de Washington pour les conséquences », indiquait la déclaration, ajoutant que fournir une couverture politique serait considéré comme « faciliter, permettre et légitimer l’agression américaine ».
**Détroit d’Ormuz : un poumon économique sous siège**
Les conséquences économiques du conflit deviennent criantes. Le nouveau ministre irakien du Pétrole, Basim Mohammed, a révélé que le pays n’avait exporté que 10 millions de barils de pétrole via le détroit d’Ormuz en avril, une chute catastrophique par rapport à la moyenne mensuelle d’avant-guerre de 93 millions de barils. Dans un revirement désespéré, l’Irak travaille désormais à augmenter ses exportations via l’oléoduc Kirkouk-Ceyhan, qui traite actuellement 200 000 barils par jour, avec des plans pour atteindre 500 000.
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, a imputé la responsabilité de la perturbation énergétique mondiale aux « initiateurs » de la guerre. S’exprimant lors d’une session de l’ECOSOC, il a déclaré que l’instabilité des marchés de l’énergie était « enracinée dans l’escalade militaire américano-israélienne et les attaques contre les infrastructures énergétiques de l’Iran ». Iravani a maintenu que l’Iran ne rétablirait la stabilité dans cette voie navigable cruciale que si « l’agression cesse et que le blocus maritime est levé ».
**Le tribut humanitaire s’alourdit à Téhéran**
Sur le terrain, le coût humain continue de grimper. Le gouvernement municipal de Téhéran a publié des chiffres de victimes dévastateurs, rapportant que les attaques américano-israéliennes ont tué au moins 1 260 personnes et blessé plus de 2 800 dans la capitale seulement. Les responsables municipaux ont documenté au moins 650 impacts, qui ont endommagé environ 51 000 logements résidentiels et plus de 10 700 véhicules.
**Répercussions régionales élargies et réactions internationales**
Les ondes de choc du conflit se font sentir dans les sphères diplomatique, sportive et sécuritaire :
– **Remerciements du président iranien au Pape** : Le président Massoud Pezeshkian a remercié le pape Léon pour une « position morale » contre les frappes américaines, qu’il affirme avoir été menées sous de faux prétextes. Pezeshkian a également condamné les propos rapportés attribués à Donald Trump concernant la « destruction de la civilisation historique de l’Iran » comme étant « dangereux et éhontés ».
– **Incertitude pour la Coupe du Monde** : Le secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafstrom, doit rencontrer des responsables de la Fédération iranienne de football à Istanbul pour offrir des « assurances » concernant la participation de l’équipe à la prochaine Coupe du Monde, prévue aux États-Unis.
– **Front libanais actif** : Des avions de guerre et de l’artillerie israéliens ont frappé plusieurs villes du sud du Liban, dont Yohmor al-Shaqif et Kfar Tebnit, signalant une pression continue sur le Hezbollah soutenu par l’Iran.
– **Les États-Unis allèguent un complot terroriste** : Les autorités américaines ont détaillé des accusations contre Mohammad Baqer Saad Dawood Al-Saadi, un commandant de la milice Kataeb Hezbollah soutenue par l’Iran, pour avoir prétendument dirigé une campagne d’attaques contre des cibles juives en Europe et en Amérique du Nord en représailles à la guerre.
Dans une voie diplomatique distincte, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed Al Nahyan, a rencontré le leader de Reform UK, Nigel Farage, et le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, David Lammy, en Grande-Bretagne. Le ministère émirati des Affaires étrangères a déclaré que les discussions avaient porté sur les « répercussions des attaques terroristes iraniennes non provoquées visant les Émirats arabes unis », soulignant le réseau complexe d’alliances et de menaces régionales.
