La trêve fragile entre les États-Unis et l’Iran montre des signes critiques de tension, Téhéran accusant formellement Washington d’avoir violé l’accord et promettant une réponse. Cette escalade verbale menace de défaire un processus de paix naissant, alors que les canaux diplomatiques restent ouverts et que les grandes puissances appellent à la retenue.
L’Iran a directement accusé les États-Unis d’avoir violé les termes de l’accord de cessez-le-feu. Cette accusation intervient alors que des rapports font état d’attaques des forces américaines contre des sites de missiles dans le sud de l’Iran et de ciblage de bateaux tentant de poser des mines. En réponse, l’Iran a mis en garde contre des représailles, plongeant la trêve précaire dans un danger immédiat. Un haut responsable des Gardiens de la révolution iraniens, tout en qualifiant la possibilité d’une nouvelle guerre de « faible », a lancé un avertissement sévère. « Les forces armées sont à l’affût, les chargeurs pleins », a déclaré Mohammad Akbarzadeh, chef politique adjoint de la marine des Gardiens de la révolution. « Ne doutez pas que nous transformerons la zone de Chabahar à Mahshahr en cimetière pour les agresseurs. »
Face à la gravité de la crise, le président Trump s’apprête à réunir son cabinet à Camp David pour délibérer sur la stratégie américaine concernant l’Iran. Cette réunion de haut niveau souligne l’attention de l’administration sur la gestion des conséquences des violations du cessez-le-feu et la définition d’une voie à suivre.
Sur la scène internationale, le chef de la diplomatie chinoise, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi, a appelé les États-Unis et l’Iran à faire des concessions pour sauver le processus de paix. S’exprimant lors d’un débat au Conseil de sécurité de l’ONU, Wang a réitéré la nécessité pour toutes les parties de respecter la trêve. Cette initiative diplomatique intervient alors que le négociateur en chef iranien serait retourné à Téhéran, un mouvement qui pourrait signaler un examen interne critique de la position de négociation du pays.
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran se déroulent sur fond d’escalade de la violence sur le front nord d’Israël. Les frappes aériennes israéliennes continuent de pilonner le sud du Liban, faisant deux morts dans la ville de Deir Aames et détruisant deux maisons à Braiqaa. L’armée israélienne a émis près de 50 avertissements d’évacuation, signalant une intensification de ses opérations.
Le Hezbollah, le groupe militant libanais soutenu par l’Iran, a revendiqué 32 opérations distinctes contre les forces israéliennes rien que mardi. Le groupe a déclaré avoir mené des affrontements directs et lancé des tirs de roquettes, d’artillerie et de drones qui ont visé ou détruit plusieurs chars Merkava, véhicules blindés, systèmes de communication et une plateforme du Dôme de Fer. Par ailleurs, l’armée israélienne a confirmé qu’un projectile lancé depuis le Liban était tombé dans une zone ouverte du nord d’Israël, sans faire de blessés.
Au milieu des turbulences militaires et politiques, un développement intérieur significatif est en cours en Iran. Le groupe de surveillance Internet NetBlocks rapporte que les réseaux mobiles sont partiellement reconnectés à l’Internet mondial, après une coupure quasi totale de 88 jours. Cette restauration fait suite à un décret du président Massoud Pezeshkian. Cependant, NetBlocks a noté que le système de filtrage Internet imposé par l’État iranien et les restrictions sur des plateformes comme WhatsApp restent fermement en place.
L’instabilité régionale plus large a suscité des réactions internationales au-delà du conflit immédiat entre les États-Unis et l’Iran. Les Émirats arabes unis ont salué une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU exprimant une « grave inquiétude » face à la frappe de drone visant la centrale nucléaire de Barakah, la qualifiant de message unifié contre les attaques contre les infrastructures civiles. Par ailleurs, le chef de l’ONU a salué les contributions du Pakistan à la paix internationale, un signe des efforts diplomatiques pour stabiliser la situation volatile.
