GENÈVE : Israël va être inscrit sur la liste noire des Nations Unies des parties commettant des violences sexuelles dans les zones de conflit, une mesure immédiatement condamnée par les dirigeants du pays comme une décision politique déconnectée de la réalité. La confirmation est venue directement de l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, qui a annoncé la décision vendredi.
« C’est une décision politique ! Déconnectée des faits et de la réalité ! » a déclaré l’ambassadeur Danon dans un message sur X. La mission israélienne à l’ONU a indiqué que Danon avait été informé du rapport à venir lors d’un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
**Un nouveau point bas dans les relations**
Les répercussions diplomatiques ont été rapides et sévères. Le ministère israélien des Affaires étrangères a annoncé jeudi soir qu’il romprait tous les liens avec le bureau du secrétaire général Guterres en réponse à cette inscription. Le ministère a accusé Guterres de violer les normes d’honnêteté, d’intégrité et de professionnalisme, déclarant qu’il attendrait la nomination d’un nouveau chef de l’ONU.
Interrogé sur la réaction israélienne, le porte-parole de l’ONU, Stephane Dujarric, a maintenu une position diplomatique. « Je peux vous dire que du point de vue du secrétaire général, sa porte reste ouverte aux représentants israéliens, comme aux 192 autres États membres et aux deux États observateurs », a déclaré Dujarric lors d’un point de presse régulier.
**Les graves préoccupations de Guterres**
Cette inscription fait suite à un avertissement émis dans le rapport annuel de Guterres au Conseil de sécurité en août dernier. Dans ce rapport, le secrétaire général avait « mis en garde » Israël et la Russie, les prévenant qu’ils pourraient être ajoutés à la liste des parties « soupçonnées de manière crédible d’avoir commis ou d’être responsables de schémas de viol ou d’autres formes de violence sexuelle ».
Guterres avait exprimé être « gravement préoccupé par des informations crédibles concernant des violations commises par les forces armées et de sécurité israéliennes » contre des Palestiniens. Les allégations documentées se concentrent sur des incidents survenus dans plusieurs prisons, un centre de détention et une base militaire.
Danon, qui avait auparavant qualifié ces préoccupations d’infondées, a déclaré qu’Israël avait répondu en détail à chaque allégation et avait invité des représentants de l’ONU à se rendre sur place pour enquêter. Il a affirmé que l’ONU avait choisi de ne pas accepter l’invitation. Dans un autre message, Danon a qualifié le fait d’assimiler Israël au Hamas de « nouveau point bas ».
**Le Hamas également inscrit**
Le même rapport d’août qui avertissait Israël inscrivait également le Hamas comme un groupe « soupçonné de manière crédible d’avoir commis ou d’être responsable de schémas de viol ou d’autres formes de violence sexuelle » lors de son attaque du 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza. Le Hamas a catégoriquement rejeté ces allégations.
L’ONU à Genève et le Hamas n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires sur ce dernier développement.
