Amazon a inauguré un nouveau centre de distribution à Beauvais, dans l’Oise, le vendredi 9 octobre. Ce site génère près de 1 000 emplois, dont 800 contrats à durée indéterminée, selon l’entreprise. Cette ouverture constitue un apport économique notable pour la région, même si des questions sur les conditions de travail demeurent.
Robots et convoyeurs transforment le travail en entrepôt
Le nouveau site a commencé à traiter ses premières commandes clients, avec un ballet incessant de robots et de bacs de stockage qui circulent dans l’installation. Amazon promet de pourvoir 800 postes en CDI d’ici la fin de l’année, en donnant la priorité aux habitants de la zone locale.
« C’est un CDI qui m’intéressait parce qu’avant, je faisais de l’intérim », a témoigné une employée. Une autre a ajouté : « Avant, je faisais quelque chose de complètement différent — je travaillais dans la restauration. C’est un métier avec des horaires un peu compliqués, donc ici les horaires sont stables. »
Des retombées économiques pour le territoire
La zone d’activité devrait attirer d’autres entreprises, apportant des bénéfices économiques supplémentaires aux professionnels locaux. L’agent immobilier Erwan Gaiffe a souligné cet impact positif : « J’ai récemment loué à quelqu’un qui était sur un autre site Amazon, près de Senlis si je me souviens bien, et qui est muté à Beauvais. C’est une bonne chose — ce sont des gens qui vont rester, qui vont probablement acheter un bien immobilier ensuite. »
Amazon promet un environnement de travail amélioré
Amazon affirme vouloir garantir un environnement de travail positif dans le nouveau centre. « Ce sont les robots qui amènent les produits aux salariés, et non les salariés qui se déplacent. Les convoyeurs font ensuite circuler les produits », a expliqué Patrick Labare, directeur de la logistique d’Amazon France.
Le géant du commerce en ligne fait depuis longtemps l’objet de critiques sur ses conditions de travail. En 2021, un journaliste de France Télévisions embauché sur l’un de ses sites avait documenté le rythme de travail intense, rapportant : « Je vais marcher 15 kilomètres aujourd’hui. » Plusieurs mouvements de protestation ont eu lieu depuis.
Des avis partagés chez les salariés et les syndicats
Dans la région Nord, où Amazon est implanté depuis 13 ans, l’entreprise indique que son site est passé de 350 à 2 600 postes en CDI, avec des salaires en hausse de 23 % depuis 2018.
Toutefois, Farid Aouamri, délégué syndical CGT et salarié d’un entrepôt Amazon, soutient que les conditions restent difficiles : « Il y a des tâches qui sont — je ne vais pas dire ingrates — mais assez physiques, notamment la préparation de commandes qui demande énormément de marche, ce qui conduit parfois à des inaptitudes médicales et, malheureusement, à des ruptures de contrat. »
Amazon indique prévoir la création de 7 000 emplois en France au cours des trois prochaines années.
