Moins de deux ans après sa mise en service, l’EPR de Flamanville, dans le nord de la France, a été mis à l’arrêt pour une vaste opération de maintenance qui devrait durer un an entier.
Le réacteur du département de la Manche a été arrêté le samedi 26 septembre 2026. Cet arrêt ne résulte pas d’une panne, mais d’une inspection réglementaire obligatoire : la première visite complète exigée pour tout réacteur nouveau, 30 mois après le début de son exploitation.
L’ampleur de l’opération
Les chiffres suffisent à mesurer l’étendue de l’inspection : 20 000 opérations de contrôle et de maintenance seront réalisées, et 24 000 heures de travail sont prévues pour le seul examen de l’ensemble des systèmes de vannes.
Au total, 2 500 personnes et 200 entreprises seront mobilisées. EDF estime la facture totale à plusieurs millions d’euros.
L’énergéticien français s’est engagé à confier 40 % des opérations à des entreprises locales.
Le remplacement d’un couvercle de cuve défectueux
Pendant cet arrêt, un composant essentiel de l’EPR sera remplacé : l’énorme couvercle en acier qui ferme la cuve du réacteur, où se trouve le combustible nucléaire. Cette pièce est défectueuse depuis sa fabrication et constitue l’un des épisodes marquants de l’histoire mouvementée de la construction du projet.
L’autorité française de sûreté nucléaire a ordonné son remplacement, mais l’opération présente d’importants défis techniques. Le couvercle mesure six mètres de diamètre et pèse près de 100 tonnes. Il a été forgé à l’usine Framatome du Creusot, en Saône-et-Loire.
Les ingénieurs devront hisser le nouveau couvercle en place après avoir retiré l’ancien, qui deviendra, une fois démonté, la plus grande pièce unique de déchets nucléaires de France. Il restera à Flamanville pendant deux ans avant d’être transporté vers un site de gestion des déchets radioactifs dans le département de l’Aube.
Un bilan de retards et de dépassements de coûts
Depuis sa mise en service, l’EPR de Flamanville est le réacteur le plus puissant du parc nucléaire français. Il a produit 7 térawattheures d’électricité depuis janvier, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 1,5 million de foyers, un objectif qu’EDF a salué comme atteint.
Le réacteur de nouvelle génération a été mis en service en 2024, avec 12 ans de retard, pour un coût total de 13 milliards d’euros, bien au-delà des 3,5 milliards annoncés initialement.
