La France a enregistré 111 féminicides commis par des partenaires ou anciens partenaires en 2025, d’après les données annuelles publiées mardi par le ministère de l’Intérieur. Ce chiffre représente une augmentation de 4 % par rapport à l’année précédente et met en lumière le bilan persistant des violences conjugales dans le pays.
Ce total fait suite aux 107 féminicides recensés en 2024, un chiffre déjà en hausse par rapport aux années antérieures. L’étude nationale du ministère confirme une tendance qui reste d’une stabilité alarmante, en dépit des engagements gouvernementaux et des campagnes de sensibilisation menées depuis plusieurs années.
Les femmes, victimes très majoritaires
« Comme les années précédentes, les femmes sont les premières victimes des morts violentes au sein du couple. Elles représentent 82 % de l’ensemble des victimes », indique l’étude.
Sur les 136 morts violentes au sein du couple enregistrées en 2025, 25 concernaient des hommes. En moyenne, un décès a été enregistré tous les trois jours, selon le rapport annuel. Les autorités ont également recensé 435 tentatives d’homicide au sein du couple sur la même période.
L’étude note que « le profil type de l’auteur reste majoritairement masculin, le plus souvent en couple », tandis que « le profil type de la victime est très majoritairement féminin ».
Séparations et disputes, principaux déclencheurs
Les données rejoignent les schémas observés depuis plusieurs années par les associations et les autorités judiciaires. « Les disputes au sein du couple et les séparations non acceptées restent les principaux motifs du passage à l’acte », précise le rapport.
« Les faits sont majoritairement commis au domicile du couple, au domicile de la victime ou sur la voie publique, sans préméditation, principalement par arme blanche ou par arme à feu », détaille l’étude.
Selon les conclusions, 37 % des victimes femmes avaient déjà subi des violences auparavant. Parmi elles, 61 % avaient signalé ces violences à la police ou à la gendarmerie et, dans ce groupe, 88 % avaient déposé une plainte formelle.
Des dispositifs de protection pour certaines victimes
Une victime bénéficiait d’un dispositif judiciaire de protection connu sous le nom de « téléphone grave danger » (TGD), tandis qu’une autre disposait d’un bouton d’alerte appelé « Monshérif », qui permet de prévenir discrètement des contacts prédéfinis et de transmettre des données de localisation en cas de danger.
L’étude rapporte également que neuf infanticides ont été commis dans un contexte d’homicide conjugal ou de violences au sein du couple.
Des collectifs indépendants qui suivent la question ont enregistré des chiffres différents : Féminicides par compagnons ou ex en a compté 98, tandis que Nous Toutes, qui recense les meurtres au-delà des relations de couple, a enregistré 171 féminicides pour 2025.
L’écart persistant entre les statistiques officielles et les décomptes des associations reflète des méthodologies différentes, mais les deux convergent vers la même conclusion : les violences conjugales en France demeurent une crise mortelle et non résolue.
