La trêve fragile à Gaza continue de se fissurer alors qu’Israël a confirmé l’élimination ciblée du nouveau chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Odeh, tout en faisant face à une réprobation internationale croissante face aux violences des colons et au traitement des militants humanitaires.
**Israël élimine des commandants militaires successifs du Hamas**
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé mercredi qu’Odeh, qui avait pris la tête des Brigades Ezzedine Al-Qassam il y a environ une semaine, a été « éliminé » lors d’une frappe mardi. Odeh succédait à Ezzedine al-Haddad, tué lors d’une attaque israélienne similaire le 15 mai.
« Au nom du Premier ministre et en mon nom, félicitations à l’armée israélienne et au Shin Bet pour cette exécution brillante », a déclaré Katz sur les réseaux sociaux. Un communiqué conjoint de Katz et du Premier ministre Benjamin Netanyahu a précisé qu’Odeh avait dirigé le renseignement du Hamas lors des attaques du 7 octobre. Le Hamas n’a pas encore émis de commentaire officiel sur cet assassinat.
**La pression diplomatique s’accentue sur plusieurs fronts**
Alors que les opérations militaires se poursuivent, les actions diplomatiques contre Israël se multiplient à l’échelle mondiale. L’Irlande a annoncé son intention d’adopter une loi d’ici la mi-juillet interdisant le commerce de biens provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. La ministre des Affaires étrangères, Helen McEntee, a évoqué « une augmentation continue des violences des colons » et estimé que le gouvernement israélien n’a « aucune volonté » de rechercher une solution pacifique.
Parallèlement, l’Italie a officiellement demandé à l’Union européenne d’imposer des sanctions contre le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir. Cette demande fait suite à une condamnation générale d’une vidéo publiée par le ministre d’extrême droite, où il se moque d’activistes d’une flottille d’aide à destination de Gaza, contraints de s’agenouiller les mains liées après avoir été interceptés en eaux internationales.
**Le Pakistan et les nations musulmanes se mobilisent pour la cause palestinienne**
Le Pakistan s’impose comme un acteur diplomatique de premier plan. Le vice-Premier ministre Ishaq Dar a réaffirmé le « soutien indéfectible » du Pakistan à la lutte palestinienne pour l’autodétermination lors d’une rencontre avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à New York. Dar a salué le plaidoyer du chef de l’ONU en faveur de la solution à deux États et la mise en œuvre du plan de paix pour Gaza conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité.
Dans une action coordonnée, le Pakistan s’est joint à sept autres nations musulmanes pour condamner les « actions révoltantes, dégradantes et inacceptables » contre les détenus de la flottille. En outre, le Pakistan et treize autres pays ont publié une déclaration commune depuis Islamabad condamnant l’ouverture d’une prétendue ambassade du « Somaliland » à Jérusalem occupée, la qualifiant de violation du droit international et réaffirmant que Jérusalem-Est reste un territoire palestinien occupé.
**Le bilan civil continue de s’alourdir**
Malgré le cadre formel de cessez-le-feu établi en octobre, la violence continue de faire des victimes civiles. Des médecins ont rapporté que des frappes israéliennes ont tué au moins sept Palestiniens mardi seulement, dont cinq morts dans le camp de réfugiés de Maghazi, où un drone a visé des civils confrontés à une milice anti-Hamas. Une autre frappe aérienne sur un véhicule à Khan Younis a tué deux personnes supplémentaires.
Plus tôt, l’hôpital Al-Aqsa Martyrs de Deir el-Balah a confirmé qu’une frappe avant l’aube sur un appartement du camp d’Al-Nuseirat a tué trois membres d’une famille, dont un enfant d’un an. Si l’armée israélienne n’a pas commenté ces morts civiles spécifiques, elle a déclaré avoir frappé trois dépôts d’armes du Hamas au cours des 24 heures précédentes. Le bilan total des morts palestiniens depuis octobre 2023 dépasse désormais les 73 000.
**Le Canada exige une enquête indépendante**
Le Premier ministre canadien Mark Carney est également entré dans la mêlée, déclarant directement au président israélien Isaac Herzog que le traitement des activistes de la flottille — dont douze sont des citoyens canadiens — était « inacceptable ». Carney a réclamé une enquête indépendante et « fermement condamné » les propos du ministre Ben-Gvir, alors que les tensions diplomatiques entre Israël et ses alliés continuent de s’intensifier dans l’impasse des pourparlers de trêve.
