Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national et candidate à la présidentielle, a vivement attaqué l’exécutif mercredi, lui reprochant d’avoir perdu la maîtrise du pays au lendemain des violences survenues autour des manifestations du 17 octobre.
« Nous sommes face à un État qui s’effondre », a déclaré Marine Le Pen à franceinfo. « Le gouvernement a perdu le contrôle de tout. » Selon elle, les troubles étaient prévisibles, et elle a pointé ce qu’elle décrit comme des années d’« émeutiers d’extrême gauche et de pilleurs de banlieue » agissant en toute impunité.
Le Premier ministre reçoit les syndicats
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu mercredi à Matignon les organisations syndicales pour discuter de la sécurisation des cortèges et de la réponse du gouvernement aux lycéens, qui n’ont notamment pas été conviés à la réunion. Déterminé d’abord à rétablir l’ordre, l’exécutif cherche toujours une issue à la crise.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a prévenu à son arrivée que la situation était « extrêmement sérieuse » et a écarté une approche uniquement sécuritaire. « On ne répond pas à une mobilisation sociale par la répression », a-t-elle affirmé. « On répond à une mobilisation sociale par des réponses politiques aux revendications. »
Le mouvement étudiant s’étend
Le mouvement étudiant se propage rapidement. Selon Hélène Boulanger, vice-présidente de France Universités et présidente de l’Université de Lorraine, près de « 90 % des universités sont touchées », certaines connaissant des blocages tandis que d’autres ont été fermées à titre préventif par leurs administrations.
La coordination des Gilets jaunes a annoncé avoir déposé une déclaration en préfecture pour manifester à Paris samedi, de Bastille à Opéra. La CGT Paris et l’Union étudiante ont indiqué qu’elles se rassembleraient également à Bastille.
Couvre-feux prolongés dans plusieurs villes
Les autorités ont reconduit ou instauré des couvre-feux dans plusieurs villes. Marseille a interdit aux mineurs de circuler dans une partie du centre-ville et dans plusieurs zones commerciales à partir de 22 heures, tandis que des mesures restent en vigueur à Paris et à Lyon. Toulouse imposera un couvre-feu nocturne de jeudi à dimanche autour du Capitole et des rues commerçantes du centre.
Les troubles ont aussi perturbé le sport : le match de Ligue 1 entre Toulouse et Troyes, prévu samedi, a été reporté à dimanche à la demande de la préfecture, après le report antérieur d’une rencontre de Ligue 2 entre Montpellier et le Red Star.
Hollande critique un président « absent »
L’ancien président François Hollande, sur France Inter, a décrit une « crise d’autorité » et un « président de la République absent », aux côtés d’« un gouvernement faible » et d’« un manque d’expérience dans la gestion d’une grande manifestation ». Il a néanmoins appelé à ne pas se « focaliser » sur le rôle de La France Insoumise, tout en reprochant au parti de ne pas avoir « clairement condamné les violences ».
Marine Le Pen a également mis en doute l’efficacité des couvre-feux locaux, se disant « pas du tout sûre que le couvre-feu soit la cause de cette accalmie », et a critiqué les projets de contre-manifestation lors du congrès de son parti à Orléans samedi. « Nous n’allons pas arrêter de respirer parce que des gauchistes ont décidé de faire tomber notre démocratie », a-t-elle déclaré.
