La police italienne a découvert plus de trois millions d’euros en espèces ainsi qu’une cache d’armes dissimulée dans les murs d’une maison de Naples appartenant à un présumé baron de la drogue, a indiqué mercredi 23 septembre un haut responsable du parquet antimafia à l’AFP.
L’opération, menée à Caivano, dans la banlieue nord-est de Naples sous l’emprise de la Camorra, a permis la saisie de l’argent et des armes l’année dernière, a précisé le procureur de Naples, Nicola Gratteri.
Une information livrée par un repenti
L’avancée décisive est venue d’un suspect arrêté en juillet 2025, devenu témoin coopérant. Deux jours après son arrestation, la police a perquisitionné la propriété.
« Nous savions tous que l’argent était là, mais pas exactement où ; nous avons donc fouillé la maison de fond en comble. Beaucoup de liasses d’argent étaient cachées dans les murs, dans des compartiments aménagés dans des meubles encastrés », a expliqué Nicola Gratteri.
« D’autres étaient dissimulées sous le sol et dans le siphon de la douche. Nous avons aussi trouvé des Kalachnikovs, des armes de guerre », a-t-il ajouté, ainsi que des « montres de collection ».
L’emprise de la Camorra sur Caivano
Les enquêteurs s’étaient concentrés sur un quartier de Caivano connu comme un pôle du trafic de drogue à grande échelle, en particulier de cocaïne.
Selon le site d’information local Anteprime24, l’informateur a déclaré à la police que l’argent était conservé par l’épouse du baron de la drogue, dont les enfants mineurs faisaient partie d’une équipe chargée de le surveiller jour et nuit. Les cachettes étaient également protégées par des systèmes de sécurité électroniques, rapporte le site.
La saisie s’inscrit dans une enquête ouverte en 2023, qui a abouti lundi 21 septembre à l’arrestation de 34 personnes accusées d’appartenir à une association criminelle armée et d’utiliser des méthodes mafieuses pour le trafic de stupéfiants.
L’une des trois principales mafias italiennes
La Camorra, implantée principalement dans la région de Naples, est l’un des trois principaux groupes de criminalité organisée d’Italie, aux côtés de Cosa Nostra en Sicile et de la ‘Ndrangheta en Calabre.
Les écoutes téléphoniques ont joué un rôle crucial dans l’enquête, comme dans toutes les investigations visant la criminalité organisée, a souligné Nicola Gratteri. « Mais il est clair que le trafic n’a pas cessé ; il s’est simplement déplacé vers d’autres zones », a-t-il observé.
