Un nouveau round de pourparlers nucléaires indirects entre l’Iran et les États-Unis s’est conclu mardi en Suisse, les deux parties exprimant leur volonté de poursuivre les discussions. La télévision d’État iranienne a fait état d’une session « plus constructive » que les précédentes. Le diplomate en chef Abbas Araghchi a annoncé un « large accord sur un ensemble de principes directeurs » servant de base à l’élaboration d’un éventuel accord.
L’Iran a signalé son ouverture en indiquant sa volonté d’accepter la vérification de son programme nucléaire et de discuter de son stock d’uranium hautement enrichi. Cette ouverture est toutefois conditionnée à la levée des sanctions économiques paralysantes. Depuis Washington, la réponse est restée prudente. Le vice-président JD Vance a reconnu que les discussions s’étaient bien déroulées, mais a précisé que l’Iran n’avait pas encore accepté les principales « lignes rouges » américaines établies par le président Donald Trump. Ces exigences vont au-delà du dossier nucléaire et incluent des restrictions sur le programme de missiles balistiques iraniens et la fin de son soutien aux groupes armés régionaux.
Alors que les diplomates négociaient, une démonstration parallèle de force militaire a souligné l’arrière-plan tendu. Deux porte-avions américains sont positionnés près des eaux iraniennes, tandis que les Gardiens de la Révolution iraniens menaient des exercices dans le détroit stratégique d’Ormuz. Cette posture souligne la nature fragile du processus diplomatique.
Les officiels des deux camps ont souligné que la force militaire restait une possibilité. Le vice-président Vance a déclaré que le président Trump « se réserve le droit » de juger que « la voie diplomatique a atteint sa limite », tout en espérant éviter cette issue. À Téhéran, le guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei a lancé un avertissement sans équivoque, déclarant qu' »un navire de guerre est une arme dangereuse, mais l’arme capable de le couler est encore plus dangereuse. »
Les médiateurs omanais ont cité des « progrès » mais ont admis qu' »il reste beaucoup de travail ». Avec des divergences importantes encore à combler et des moyens militaires mobilisés, la voie vers un nouvel accord nucléaire reste semée d’embûches.
