L’opération Ghazab lil-Haq s’intensifie. Le Pakistan a lancé une campagne militaire soutenue contre des positions talibanes et de militants à l’intérieur de l’Afghanistan. Débutée à la mi-mars 2026, cette opération marque une escalade significative des tensions transfrontalières entre les deux nations.
Des pertes importantes et des dégâts aux infrastructures sont rapportés. Selon le ministre pakistanais de l’Information, l’offensive a infligé de lourdes pertes aux talibans afghans. Les chiffres officiels indiquent que 663 combattants talibans ont été tués et plus de 887 blessés lors des frappes. L’armée affirme avoir ciblé 70 sites de soutien à la terreur à travers l’Afghanistan par des bombardements aériens.
Parmi les infrastructures clés détruites, on compte :
– Les installations de stockage de pétrole de l’aérodrome de Kandahar.
– Les infrastructures du 313e Corps des talibans à Kaboul.
– Un important tunnel de stockage d’équipements techniques à Kandahar.
– De multiples camps militants dans la province de Paktia, incluant les camps de Tarawo et Sherinaw.
Le Pakistan rejette les affirmations des talibans et dénonce les cibles civiles. Islamabad a fermement rejeté les affirmations du ministère de la Défense des talibans afghans selon lesquelles ses forces avaient capturé un poste frontalier pakistanais, qualifiant cette déclaration de « fausse et fabriquée ». Dans un communiqué officiel de vérification des faits, le ministère pakistanais de l’Information a accusé les talibans de diffuser de la propagande pour masquer leurs pertes.
La rhétorique diplomatique s’est également intensifiée. Le président Asif Ali Zardari a condamné les frappes de drones lancées depuis le sol afghan sur des zones résidentielles pakistanaises, les qualifiant de franchissement d’une « ligne rouge ». Il a averti que le « gouvernement taliban illégal et terroriste » en subirait les graves conséquences pour avoir pris pour cible des civils.
Développements sécuritaires et opérations anti-drones. Sur le terrain, les Relations inter-services publiques (ISPR) du Pakistan ont rapporté que les forces de sécurité avaient intercepté avec succès de multiples « drones rudimentaires » lancés par les talibans afghans, les empêchant d’atteindre leurs cibles grâce à des « neutralisations douces et dures ». Cependant, des débris tombés lors de ces interceptions ont blessé deux enfants à Quetta et des civils à Kohat et Rawalpindi.
Les forces de sécurité affirment également avoir déjoué une tentative d’infiltration de militants près du Waziristan du Nord. Les responsables ont déclaré que les opérations dans le cadre de Ghazab lil-Haq se poursuivaient et continueraient « jusqu’à ce que les objectifs fixés soient atteints ».
Tensions persistantes et implications régionales. Cette opération souligne la détérioration de la relation sécuritaire entre le Pakistan et le régime taliban afghan. Le Pakistan accuse le gouvernement intérimaire de Kaboul d’offrir des sanctuaires à des groupes terroristes qui lancent des attaques transfrontalières, une accusation que les talibans démentent. Les frappes aériennes soutenues sur le territoire afghan constituent l’une des réponses militaires les plus directes et à grande échelle du Pakistan ces dernières années, avec des implications potentielles pour la stabilité régionale en Asie du Sud.
