Le Pakistan a lancé un avertissement sans équivoque au Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU), affirmant qu’une récente attaque militaire conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran risque de déclencher une guerre régionale à grande échelle, avec des « conséquences de grande portée ». Cet appel urgent a été lancé lors d’une session d’urgence du Conseil convoquée le samedi 28 février 2026.
L’ambassadeur Asim Iftikhar Ahmad, représentant permanent du Pakistan auprès de l’ONU, a exprimé une profonde alarme face à l’escalade rapide. Il a déclaré que ces frappes, qu’il a condamnées comme des violations du droit international, sont intervenues au moment même où de nouveaux efforts diplomatiques étaient déployés pour trouver une solution pacifique aux tensions régionales. « Nous sommes profondément alarmés par le risque d’un embrasement régional », a déclaré l’ambassadeur Ahmad devant l’organe de 15 membres.
L’attaque, lancée samedi, a provoqué une riposte massive de l’Iran sous forme de barrage de missiles ciblant les États du Golfe et Israël, marquant une intensification grave des hostilités.
Dans son intervention, l’envoyé pakistanais a condamné les frappes initiales américano-israéliennes et a également dénoncé les attaques ultérieures de l’Iran contre la souveraineté de l’Arabie saoudite, de Bahreïn, de la Jordanie, du Koweït, du Qatar et des Émirats arabes unis. Il a exprimé la solidarité du Pakistan avec ces nations et a souligné la mort d’un ressortissant pakistanais aux Émirats arabes unis durant les violences.
« Nous exhortons toutes les parties à s’abstenir de toute nouvelle action susceptible de compromettre la sécurité et l’intégrité territoriale d’autres pays de la région », a insisté l’ambassadeur Ahmad, appelant à un arrêt immédiat de l’escalade et à un retour urgent au dialogue.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a ouvert le débat en condamnant les actions militaires à grande échelle de toutes les parties. Il a averti que le monde est « témoin d’une grave menace pour la paix et la sécurité internationales » et a souligné qu’il n’y a « pas d’alternative viable au règlement pacifique des différends internationaux ».
Guterres a fourni une évaluation sombre de la situation, rapportant qu’environ 20 villes iraniennes avaient été touchées, avec au moins 85 personnes tuées lors des frappes initiales. Il a noté que ces attaques sont tragiquement survenues après un troisième cycle de pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran, médiés par Oman. « Je regrette profondément que cette opportunité diplomatique ait été gâchée », a déclaré le chef de l’ONU.
Réitérant la position de politique étrangère constante du Pakistan, l’ambassadeur Ahmad a souligné les principes inviolables de la Charte des Nations Unies, qui interdisent le recours à la force contre l’intégrité territoriale des États. Il a affirmé que le Pakistan maintient des contacts étroits avec ses partenaires régionaux et est prêt à soutenir tous les efforts visant une résolution pacifique et négociée de la crise.
« Le dialogue et la diplomatie doivent rester les principes directeurs de tout règlement négocié », a-t-il conclu, appelant au plein respect du droit international pour éviter de nouvelles pertes en vies humaines et une déstabilisation régionale.
