Dans une démarche concertée pour la réforme économique, les principaux groupes d’affaires du Pakistan ont présenté une demande unifiée au Fonds Monétaire International (FMI) visant à abolir la super taxe et à réduire drastiquement les taux d’imposition des sociétés. Cet appel a été lancé lors de réunions avec une mission de revue du FMI en visite, chargée d’évaluer le programme économique du pays.
Un appel unifié pour une rationalisation fiscale
Des délégations distinctes de l’Overseas Investors Chamber of Commerce & Industry (OICCI), représentant plus de 200 multinationales, et du Pakistan Business Council (PBC), un organisme regroupant 110 grandes entreprises locales et étrangères, ont rencontré les responsables du FMI. Les deux groupes ont soutenu que la structure fiscale actuelle pénalise injustement les entreprises compliantess tandis que les secteurs fraudeurs opèrent en toute impunité, rendant le business formel de moins en moins viable.
Le PBC, dirigé par sa présidente, le Dr Zeelaf Munir, a présenté un plan en cinq points à la mission dirigée par Iva Petrova. Les recommandations principales comprennent :
– L’abolition immédiate de la super taxe sous toutes ses formes.
– Une réduction progressive du taux d’imposition des sociétés à 25 %.
– La rationalisation des régimes de prépaiement et de retenue à la source, qui agissent actuellement comme des impôts minimums de facto.
– L’élimination de la taxe sur les dividendes inter-entreprises entre sociétés associées et filiales.
– La suppression de la retenue à la source sur les exportations.
Élargir l’assiette, pas alourdir la charge
Les conseils d’affaires ont souligné que la politique fiscale du Pakistan doit passer d’un alourdissement de la charge pour les contribuables existants à un élargissement du filet. Ils ont appelé à des mécanismes d’application plus stricts pour intégrer les segments non imposés et informels de l’économie dans le système documenté. Les discussions ont également insisté sur le besoin crucial d’une cohérence politique à long terme pour débloquer la confiance et l’investissement du secteur privé.
« La stabilisation doit maintenant se traduire par des investissements, une productivité et une génération d’emplois », a noté le PBC dans un communiqué. Avec un taux directeur à 10,5 % et un excédent primaire atteint, l’accent doit désormais se porter sur des mesures structurelles pour une croissance durable tirée par les exportations.
Coûts de l’énergie et distorsions concurrentielles
Au-delà de la fiscalité, le PBC a souligné que la compétitivité énergétique constitue un frein majeur à la croissance. Il a demandé une réduction immédiate des tarifs de l’énergie industrielle, arguant que des coûts élevés et volatils, ainsi que des distorsions sectorielles dans l’agriculture, étouffent la valeur ajoutée et la diversification des exportations.
Le conseil a exhorté les autorités à réorienter l’espace fiscal créé par la stabilisation économique pour soutenir les industries qui améliorent la productivité et créent des emplois, faisant ainsi passer l’économie de la simple survie à une expansion durable.
