Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé dimanche que Téhéran ne reviendrait pas sur ses conditions pour la réouverture du détroit d’Ormuz, malgré le rejet par le président américain Donald Trump du plan iranien visant à débloquer cette voie maritime stratégique.
Les conditions iraniennes restent inchangées
« Nos conditions sont claires, et toute avancée vers la réouverture du détroit d’Ormuz dépend de leur satisfaction. Nous ne reculerons pas », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, dans des propos diffusés par la télévision d’État.
« Nous n’avons jamais fermé la porte à la diplomatie ni aux négociations, mais en même temps, nous n’avons jamais abandonné nos droits », a-t-il ajouté.
Une proposition de sept jours liée à l’accord américain
L’Iran avait annoncé vendredi avoir soumis aux États-Unis une proposition prévoyant la réouverture du détroit d’Ormuz dans les sept jours suivant son acceptation. Le président iranien Masoud Pezeshkian avait indiqué que cette offre avait été rédigée « en coordination » avec le guide suprême Mojtaba Khamenei, arbitre ultime des décisions dans la République islamique, et qu’une équipe de six membres dotée d’un « pouvoir de décision » avait été constituée pour traiter le dossier.
Trump a rejeté cette proposition samedi. « Je rejette leur proposition », a déclaré le président américain aux journalistes alors qu’il quittait la Maison-Blanche, affirmant que les dirigeants iraniens voulaient cet accord parce qu’« ils perdent gravement ».
« Détroit de Trump »
Peu avant d’annoncer son refus, Trump a publié sur son réseau Truth Social une carte du détroit d’Ormuz portant la mention « Détroit de Trump ».
Le détroit d’Ormuz — par lequel un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitait avant la guerre — se trouve au cœur du conflit déclenché fin février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Depuis, la République islamique revendique le contrôle de cette voie maritime, tandis que Washington a imposé en riposte un blocus sur les ports iraniens.
De possibles frappes après les élections de mi-mandat
Selon The Wall Street Journal, Trump envisage de reprendre les bombardements contre l’Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre. Les États-Unis n’ont pas frappé l’Iran depuis le 1er septembre, date à laquelle une série d’attaques avait tué cinq personnes et blessé des dizaines d’autres lors d’un mariage dans le sud-est du pays, bien que des navires aient été touchés depuis dans le détroit d’Ormuz.
À l’approche des élections, le président américain fait face à une impopularité croissante liée à la guerre au Moyen-Orient, qui a fait grimper les prix des carburants.
