L’ancien président américain, Donald Trump, a lancé une offensive juridique contre les villes sanctuaires de Chicago et de l’Illinois. Cette campagne intervient après des mois de menaces visant à mettre la pression sur les localités où les lois limitent la collaboration avec les autorités fédérales de l’immigration. Pendant sa présidence, Trump a dépeint Chicago comme une ville en proie au crime et à l’anarchie, qualifiant cette métropole de « ville sanctuaire » qui, selon lui, encourage le désordre en offrant un refuge aux immigrants illégaux, compromettant ainsi la sécurité et la souveraineté nationale. Il s’est engagé à entreprendre des actions contre les villes qui restreignent la coopération avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
L’administration Trump a initié plusieurs démarches, incluant une plainte contre Chicago et l’Illinois, ainsi que des enquêtes sur plusieurs villes sanctuaires. La stratégie de l’administration repose sur deux piliers principaux : économique et juridique. D’une part, des menaces ont été émises concernant la suspension des fonds fédéraux aux endroits où les lois sanctuaires sont en vigueur. D’autre part, il a été avancé que ces lois sont inconstitutionnelles car elles entravent l’application des lois nationales sur l’immigration, qui relèvent de la compétence fédérale. La nouvelle procureure générale de Trump, Pam Bondi, a déjà ordonné, dès son premier jour, l’identification des gouvernements locaux dont les politiques entravent l’application des lois sur l’immigration. Elle a également indiqué que son département prendrait des mesures pour bloquer les fonds destinés aux villes sanctuaires.
Par ailleurs, une nouvelle bataille a débuté au Congrès ces dernières semaines. Le président du comité de surveillance et de réforme gouvernementale, James Comer, a lancé des enquêtes sur les politiques de sanctuaire. Il a confirmé que les maires de Chicago, Boston, Denver, et New York témoigneront devant le comité le 5 mars. En revanche, la plupart des dirigeants des villes sanctuaires restent fidèles à leurs politiques actuelles, sauf le maire de New York, Eric Adams, qui a manifesté sa volonté de coopérer avec l’administration Trump. Cependant, des États dirigés par les démocrates, de la Californie au Massachusetts, sont déterminés à maintenir leurs politiques de sanctuaire et ont refusé de soutenir l’administration Trump dans les questions d’immigration. Leurs raisons sont à la fois éthiques et pratiques, car ils privilégient la protection des droits humains, la dignité des réfugiés et la confiance avec les communautés locales.
La campagne de Trump contre les villes sanctuaires s’inscrit dans la continuité de ses politiques antérieures, et il semble qu’à cette occasion, l’administration ait également préparé de nouveaux fondements juridiques. Si le conflit s’intensifie, il est possible que la Cour suprême, qui comprend des juges nommés par Trump, puisse statuer en sa faveur.