Mark Zuckerberg a de nouveau rejeté les appels pressants à suspendre ou à ralentir le développement de l’intelligence artificielle. Le patron de Meta se trouve ainsi en net désaccord avec un nombre croissant de voix du secteur qui réclament de la retenue.
Dans une publication sur X, il a soutenu que les incitations du marché poussent naturellement les laboratoires d’IA vers un comportement responsable. « Les gens ne voudront pas utiliser des agents qui ne sont pas alignés sur leurs intérêts et qui ne font pas ce qu’ils demandent. Les laboratoires ont donc une forte incitation naturelle à rendre leurs modèles plus alignés », a-t-il écrit.
L’« alignement » qu’il évoque renvoie aux efforts visant à garantir que les modèles d’IA se comportent comme les humains l’entendent. « Tout laboratoire qui ne se concentre pas sur l’alignement prendra du retard », a-t-il ajouté.
Une vision partagée avec la Maison-Blanche
La position de Mark Zuckerberg fait écho à celle du président américain Donald Trump, dont l’administration a résisté à une réglementation stricte de l’IA, craignant qu’une législation excessive ne permette à la Chine d’obtenir un avantage technologique.
Sa publication a été saluée par plusieurs figures de la Silicon Valley proches de la Maison-Blanche, qui contestent la vague d’avertissements sur les dangers potentiels de l’IA. Le débat s’est intensifié ces dernières semaines après plusieurs incidents de sécurité et la tendance croissante des modèles d’IA à progresser rapidement, dépassant parfois les anticipations de leurs créateurs.
La position de Mark Zuckerberg s’aligne également sur les intérêts financiers de Meta. L’entreprise a investi jusqu’à 145 milliards de dollars dans les infrastructures cette année et a activement combattu les réglementations susceptibles de ralentir ses progrès. Cet été, il a soutenu qu’aucune règle ne devrait retarder la publication des modèles d’IA américains « ne serait-ce que d’un mois ».
En août, il a publié une tribune sur le site de Meta en faveur d’un développement open source de l’IA, décrivant la technologie comme un outil positif qui devrait être largement accessible plutôt que restreint.
Autorégulation contre supervision externe
Le débat porte désormais sur la capacité de l’industrie de l’IA à se policer elle-même. Des entreprises comme OpenAI, Anthropic et Google explorent la création d’un organe commun pour établir des normes sectorielles. Plusieurs figures influentes, menées par le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, ont appelé à ralentir le rythme de développement de l’IA.
Mark Zuckerberg affirme que la menace de poursuites judiciaires contraint déjà les laboratoires à agir de manière responsable. Il a cité la décision de Meta de retarder de plusieurs mois le lancement de son système d’IA Muse — équipé d’agents personnalisés — afin de renforcer les mesures de sûreté et de sécurité.
Il s’est également déclaré favorable à des évaluations indépendantes des systèmes d’IA, notant que Meta Superintelligence Labs, la division IA de l’entreprise, fait déjà appel à des experts externes. Mark Zuckerberg a appelé à un « écosystème d’évaluateurs plus large et plus diversifié » dans l’ensemble du secteur — une critique à peine voilée d’Anthropic, que certains accusent de privilégier des évaluateurs ayant des liens étroits avec l’entreprise.
