Une controverse sur la transparence parlementaire a éclaté au Sénat ce lundi, l’opposition condamnant l’arrêt présumé de la diffusion en direct des débats de la chambre haute. Le chef de l’opposition, Allama Raja Nasir Abbas, a exigé une explication immédiate à ce geste, le qualifiant d’affront envers une institution constitutionnelle.
Allama Abbas, nommé à ce poste avec le soutien du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), a déclaré lors de la séance que la diffusion en direct était par moments « interrompue pendant certains discours sans explication ». Il a souligné le besoin de clarté, demandant : « Nous avons besoin de précisions sur qui a ordonné la suspension de la diffusion. »
**Le ministre de la Justice clarifie l’autorité, cite les limites constitutionnelles**
Réagissant rapidement, le ministre fédéral de la Justice et du Droit, Azam Nazeer Tarar, a affirmé que le gouvernement n’avait aucun rôle dans cette affaire. Il a précisé que les décisions de diffusion relèvent de la seule prérogative du Sénat lui-même. « Seul le président du Sénat peut prendre de telles décisions », a déclaré Tarar, ajoutant que les limites de la liberté d’expression sont également définies par la Constitution.
Cet incident fait suite à une perturbation similaire le mois dernier, lorsque la chaîne YouTube de l’Assemblée nationale est devenue temporairement inaccessible. Le secrétariat de l’AN avait attribué cet incident à une panne technique, niant toute manœuvre délibérée pour interrompre la couverture.
**Santé et statut légal d’Imran Khan débattus**
Par ailleurs, la séance a également abordé l’état de santé du fondateur du PTI, Imran Khan. Le chef de l’opposition Abbas l’a décrit comme un problème critique et a proposé la formation d’une délégation de sénateurs pour se rendre à l’hôpital et procéder à une évaluation personnelle. Il a affirmé que l’ancien premier ministre incarcéré « ne souhaite pas sortir de prison par un quelconque accord. »
En réponse, le ministre de la Justice Tarar a informé le Sénat qu’Imran Khan était en santé « satisfaisante » et qu’il n’y avait pas lieu de s’alarmer. Il a indiqué que son évaluation avait été faite après consultation du directeur exécutif de l’Institut pakistanais des sciences médicales (Pims).
Tarar a détaillé que Khan avait été conduit au Pims selon le calendrier prévu et avec son consentement, où un conseil médical a procédé à un examen approfondi. Suite aux consultations, le fondateur du PTI a reçu une seconde dose du traitement prescrit pour son affection oculaire.
Concernant les appels à la libération de Khan, le ministre a été sans équivoque, déclarant : « C’est un prisonnier condamné, et l’autorité de le libérer appartient uniquement aux tribunaux. »
Les doubles débats — sur la transparence parlementaire et le statut de l’ancien premier ministre — mettent en lumière les tensions persistantes au sein du corps législatif du pays, soulignant de profondes divisions politiques.
