Les sœurs de l’ancien Premier ministre emprisonné Imran Khan ont lancé une critique publique cinglante contre la direction de son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI). Elles les accusent de garder un « silence complet » et d’échouer à monter une défense juridique et politique efficace pour le fondateur du parti.
Une réprimande publique devant la Haute Cour
S’exprimant devant des journalistes devant la Haute Cour d’Islamabad (IHC) ce mercredi, Aleema Khan, accompagnée de ses sœurs Uzma Khan et Noureen Khanum, a exigé des réponses des principaux juristes du parti. « Où sont passés Barrister Gohar Ali Khan, Latif Khosa et Barrister Ali Zafar et pourquoi ne poursuivent-ils pas les affaires ? », a interrogé Aleema, soulignant la frustration grandissante de la famille.
Cette réprimande publique intervient alors que Khan, âgé de 73 ans et emprisonné depuis août 2023 pour des condamnations qu’il qualifie de politiquement motivées, fait face à des préoccupations sanitaires persistantes. Il a récemment reçu une seconde injection oculaire à l’Institut des sciences médicales du Pakistan (PIMS), sa santé devenant un point de discorde entre le gouvernement et l’opposition.
Des allégations de secret et d’inaction
Les sœurs ont formulé de multiples accusations contre la direction du PTI :
Absence du combat juridique : Uzma Khan a déclaré que la famille était souvent laissée dans l’ignorance des développements des affaires, affirmant que « la direction du parti est introuvable ».
Contacts non autorisés : Aleema a allégué que des dirigeants du parti engageaient en privé des discussions avec le ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi sans en informer la famille, qualifiant cela de « honteux ».
Échec de la stratégie juridique : Elle a critiqué la performance du président Barrister Gohar, déclarant qu’il avait échoué à faire entendre des affaires cruciales par les cours supérieures.
Décisions médicales excluant la famille : Aleema a insisté pour qu’aucune décision concernant la santé d’Imran Khan ne soit prise sans sa consultation et a exigé que les médecins de la famille y aient accès.
Un appel à la responsabilité et à l’action
« Nous voulons que le parti prenne des mesures maintenant », a déclaré Aleema, présentant la question comme une crise à la fois familiale et politique. Elle a questionné la façon dont le parti pouvait être divisé par des déclarations du ministre de l’Intérieur et a sous-entendu connaître les dissidents internes, affirmant que « tout le monde… savait qui étaient les ‘traîtres’ au sein du parti ».
La protestation des sœurs met en lumière une fracture grandissante au sein du PTI, alors que la famille de sa figure centrale remet publiquement en cause la compétence et l’engagement de l’appareil du parti chargé d’assurer sa liberté. La demande d’explications de la direction concernant son silence et sa position actuelle exerce une pression nouvelle et intense sur la hiérarchie du parti.
