Les marchés pétroliers mondiaux subissent une volatilité extrême alors que le conflit au Moyen-Orient entre dans sa troisième semaine. Mardi, les cours ont accéléré brutalement, avec le Brent, la référence internationale, qui a bondi d’environ 5%. Ce rebond fait suite à une chute de près de 3% la veille, soulignant la sensibilité extrême des marchés aux développements régionaux.
Attaques de Drones et Perturbations d’Approvisionnement
Le catalyseur immédiat du pic de mardi a été une nouvelle attaque de drone sur la zone industrielle pétrolière de Fujairah, sur la côte est des Émirats Arabes Unis. Les autorités locales ont confirmé que la frappe avait provoqué un incendie. Cette installation, située juste à l’extérieur du crucial Détroit d’Ormuz, avait déjà été ciblée un jour plus tôt, poussant la compagnie pétrolière nationale ADNOC à suspendre les chargements de brut sur le site.
Ces incidents amplifient les craintes existantes concernant un blocus du Détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole transporté par mer dans le monde. Le trafic maritime dans la zone reste largement paralysé, perturbant gravement les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Réponse Internationale et Incertitude des Marchés
Face à l’aggravation de la crise, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a déclaré être prête à libérer davantage de pétrole de ses réserves stratégiques « si nécessaire ». Cette annonce fait suite à la décision de la semaine dernière de puiser 400 millions de barils, le Japon ayant déjà commencé à réduire ses stocks. Cependant, ces mesures n’ont pour l’instant pas réussi à apaiser les marchés.
Les tensions géopolitiques sont en outre attisées par des frictions diplomatiques. Le président américain Donald Trump a réitéré ses appels pour que les nations dépendantes du Golfe aident à sécuriser le Détroit d’Ormuz, critiquant certains pays pour leur réticence « à s’impliquer ».
Les Consommateurs Français Sous Pression à la Pompe
L’instabilité se traduit directement par une hausse des coûts du carburant pour les consommateurs. En France, les prix à la pompe ont poursuivi leur ascension la semaine dernière :
* Le gazole a augmenté en moyenne de 6,5 centimes, atteignant 2,01 € le litre.
* Le SP95-E10 a progressé de 7,3% pour atteindre 1,8649 € le litre.
* Le SP95 a augmenté de 5,5% à 1,8979 € le litre.
* Le SP98 a grimpé de 6,2% à 1,9609 € le litre.
Pression Politique sur les Prix des Carburants
La flambée des prix a déclenché un jeu de responsabilités public entre les distributeurs et le gouvernement français. Thierry Cotillard, dirigeant du groupe Intermarché, a exhorté l’État à « réduire sa marge » pour freiner les prix, arguant que « l’État doit avant tout prendre ses responsabilités ». De même, Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U, affirmait la semaine dernière que l’État est le « grand gagnant » de la hausse des carburants, car « plus de 51% du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l’État ».
Le ministère de l’Économie a contre-attaqué, précisant que seule la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), fixée à 20%, augmente avec le prix de base — et non la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE). Une récente réunion entre le ministère et les distributeurs de carburant s’est conclue sans aucun accord sur d’éventuels contrôles de prix, laissant les consommateurs face à une incertitude persistante.
