Trois ressortissants français ont été arrêtés à Dubaï, aux Émirats arabes unis, pour avoir filmé et diffusé des images liées à la guerre, selon des informations de France Info. Parmi eux se trouve l’influenceuse marseillaise Maeva Ghennam, connue pour ses passages télévisés. « J’avoue ne pas trop savoir ce que j’ai le droit de dire ou pas », a déclaré Ghennam dans une interview. « Nous n’avons pas le droit de montrer ce qu’il se passe, en tout cas nous ne pouvons pas montrer ce qui tombe du ciel. »
Le gouvernement français a confirmé qu’il leur apportait une assistance consulaire. « Ils bénéficient de la protection consulaire. Le Quai d’Orsay est en contact avec eux, avec leurs avocats, et nous suivons la situation de très près », a indiqué la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur BFMTV-RMC.
Les autorités émiraties appliquent une loi de 2021, récemment réitérée, qui interdit de répandre « des rumeurs, des fausses informations ou des contenus contraires aux annonces officielles, ou visant à semer la panique ou à nuire à la sécurité et à l’ordre publics. » Les infractions peuvent entraîner des amendes allant jusqu’à 47 000 euros.
La semaine dernière, le procureur général émirati avait mis en garde contre le fait de « filmer, diffuser ou partager des images et vidéos provenant des sites d’incidents ou des dégâts résultant de tirs de projectiles ou de chutes de débris dans certaines zones. » Ces vidéos, initialement populaires au début du conflit, sont devenues rares. Près de soixante personnes ont été arrêtées aux Émirats arabes unis en lien avec ces actions, rapporte France Info.
Deux préoccupations principales sous-tendent cette répression. Premièrement, le partage de telles images pourrait potentiellement permettre à l’Iran de localiser les systèmes de défense aérienne des Émirats, compromettant ainsi leur sécurité. Deuxièmement, les États du Golfe ont bâti une partie de leur prospérité sur une perception de sécurité dans une région souvent marquée par les conflits. Les images de missiles ou de débris de drones s’écrasant dans des zones urbaines sapent gravement ce récit.
Selon Courrier International, des mesures de censure de l’information similaires ont été mises en œuvre au Qatar, à Bahreïn, en Arabie saoudite et au Koweït.
