Le gouvernement fédéral a formellement demandé aux administrations provinciales d’allouer 154 milliards de roupies provenant de leurs parts de la Commission nationale des finances (NFC) pour financer une éventuelle subvention ciblée sur le carburant pour les deux et trois-roues. Cette initiative intervient alors que le pays fait face à l’impact économique de la flambée des prix mondiaux du pétrole. Une réunion cruciale est prévue la semaine prochaine pour finaliser une réponse politique.
Deux options politiques sont à l’étude. La première consiste à répercuter intégralement la hausse des prix internationaux sur les consommateurs. La seconde, plus complexe, vise à mettre en œuvre un programme de subvention ciblée. Ce programme apporterait un soulagement pour les motocyclettes (jusqu’à 20 litres) et les trois-roues (jusqu’à 30 litres), pour un coût estimé à 300 milliards de roupies sur une période de quatre à six semaines.
Une réunion consultative clé, présidée par le ministre fédéral des Finances Muhammad Aurangzeb vendredi, a préparé le terrain pour la décision à venir. La réunion a réuni les principaux ministres et conseillers provinciaux des finances.
Le président Asif Ali Zardari, le Premier ministre Shehbaz Sharif et les quatre ministres en chef se réuniront la semaine prochaine pour arrêter une décision finale sur les prix des carburants. Ce sommet souligne l’urgence nationale de cette question, qui menace à la fois le budget des ménages et la stabilité fiscale du pays.
Le ministère du Pétrole a assuré que le Pakistan disposait de stocks de pétrole suffisants pour répondre à la demande intérieure jusqu’au 10 mai au moins. Cependant, des responsables ont mis en garde contre la volatilité du marché mondial, avec des projections suggérant que les prix du pétrole pourraient s’envoler à 150 ou même 200 dollars le baril si les tensions géopolitiques dans la région du Golfe persistent.
Lors de la réunion consultative, les dirigeants provinciaux ont partagé des points de vue divers. Le ministre en chef du Sindh, Murad Ali Shah, a souligné l’importance des mesures d’économie de carburant. La ministre principale du Punjab, Marriyam Aurangzeb, a insisté sur la nécessité de préparer plusieurs scénarios politiques et a demandé que toute future baisse des prix internationaux soit répercutée sur les consommateurs.
Le conseiller aux Finances du Khyber Pakhtunkhwa, Muzammil Aslam, a suggéré que toute contribution provinciale soit basée sur les données réelles de consommation de carburant, demandant au Centre de calculer l’utilisation par province. Il a également noté que la gestion de l’approvisionnement du Pakistan avait été plus efficace que celle de plusieurs pays voisins.
Une partie importante des discussions a porté sur les mécanismes. Le ministère des Technologies de l’information a présenté un plan pour un cadre de subvention basé sur la technologie afin d’assurer la transparence. Cela inclut le développement d’un système de code QR et d’une application mobile dédiée, pour laquelle le gouvernement prévoit d’acquérir 24 000 smartphones Android.
La Division des Finances a averti que la marge de manœuvre fiscale était très limitée, confinée largement aux revenus de la taxe sur les produits pétroliers. Elle a prévenu que toute mesure de soutien devait être soigneusement calibrée pour éviter de déstabiliser la macroéconomie.
Le ministre des Finances Aurangzeb a présenté la crise comme une opportunité de réforme structurelle. Il a plaidé pour une prise de décision fondée sur les données en matière de fiscalité et de conception des subventions pour en améliorer le ciblage et l’efficacité. « La situation actuelle doit être traitée comme une opportunité pour entreprendre des réformes structurelles plutôt que comme une contrainte », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de politiques à la fois prudentes sur le plan fiscal et efficaces pour apporter un soulagement public.
La réunion s’est conclue par un accord pour accélérer la finalisation d’un cadre de subvention ciblée, garantissant une coordination continue entre les gouvernements fédéral et provinciaux alors que le Pakistan traverse ce défi économique.
