L’affaire a provoqué une vague d’indignation et remet en lumière la loi controversée sur le blasphème en Indonésie. La police a arrêté deux femmes pour outrage à la religion après qu’une vidéo montrant l’une d’elles marcher sur un Coran a circulé sur les réseaux sociaux. Cet incident, survenu dans la province de Banten, a enflammé l’opinion publique dans le pays musulman le plus peuplé du monde.
Le conflit à l’origine de l’arrestation a éclaté mercredi dans un salon de coiffure de Lebak, à Banten, à environ 140 kilomètres de Jakarta. La propriétaire du salon a accusé une cliente de vol. Face aux dénégations de la cliente, la propriétaire a insisté pour qu’elle prête serment d’innocence en marchant sur un Coran, et a filmé la scène.
« La personne qui a marché sur le Coran, et celle qui lui a demandé de prêter serment, ont toutes deux reconnu les faits. La police les a convoquées, et elles sont désormais officiellement mises en examen », a déclaré le porte-parole de la police de Banten, Maruli Ahiles Hutapea.
Les deux suspectes, dont l’identité n’a pas été révélée, risquent jusqu’à cinq ans de prison si elles sont reconnues coupables en vertu de la loi indonésienne sur le blasphème. Cette loi interdit les déclarations offensantes envers l’une des six religions officiellement reconnues par le pays, ou toute tentative d’empêcher quelqu’un de les pratiquer.
La vidéo, devenue virale, a alimenté une condamnation généralisée. Cette affaire s’ajoute à une série de procès pour blasphème très médiatisés en Indonésie, que les groupes de défense des droits humains estiment souvent utilisés pour cibler des minorités.
La loi sur le blasphème en Indonésie est régulièrement au cœur de controverses nationales et internationales. Parmi les affaires notables, on peut citer la condamnation en 2017 de l’ancien gouverneur de Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama (Ahok), à près de deux ans de prison. Plus récemment, en 2024, un humoriste a été condamné à six mois de prison pour une blague jugée blasphématoire.
Avec plus de 240 millions de musulmans, l’Indonésie applique des lois protégeant les sensibilités religieuses, bien que des critiques affirment qu’elles peuvent restreindre la liberté d’expression.
Les enquêtes de police se poursuivent, et l’affaire devrait suivre son cours dans le système judiciaire indonésien, attirant une attention accrue sur l’application des lois relatives au blasphème dans le pays.
