Choisir le train plutôt que l’avion est-il une perte de temps ? Pour une communauté grandissante de passionnés de voyage et de créateurs de contenu, la réponse est non. Ils affirment que le trajet n’est pas un obstacle aux vacances, mais bien leur commencement.
Repenser le temps de trajet comme un « temps pour soi »
Olivier Nguyen, connu en ligne sous le nom d’Otoon, a rassemblé près de 200 000 abonnés sur TikTok en documentant des voyages ferroviaires épiques, comme un trajet de Paris au Japon en train. « Les vacances commencent quand on monte dans le train ! » insiste-t-il. Cette philosophie consiste à changer son rapport au temps. « Regarder les paysages défiler et changer est une activité à part entière », explique le vlogueur de 27 ans.
Pour les trajets de plus de six heures en Europe, les experts recommandent une préparation intentionnelle qui va au-delà des encas et de l’eau. « L’idéal, c’est de prévoir des activités : prendre ce livre qu’on n’a pas eu le temps de lire, faire une activité manuelle – certaines personnes tricotent, par exemple », suggère Alisée Pierrot, cofondatrice de Mollow, un média spécialisé dans les voyages en train, à pied et à vélo.
Les avantages uniques du rail
Le voyage en train offre des conforts distincts par rapport à l’avion, facilitant une expérience plus détendue. « On peut beaucoup plus facilement jouer à un jeu de société si on est en groupe, ou se déplacer si on est avec des enfants », note Alisée Pierrot. Si la connectivité mobile peut être variable, elle est souvent suffisante pour télécharger un podcast pour se divertir ou s’instruire.
Thibault Constant, créateur de la chaîne YouTube SimplyRailway, souligne l’évasion qu’offre le rail : « À bord, on a du temps pour soi. Dans un monde où tout va toujours plus vite, c’est une échappatoire que seul ce mode de transport peut proposer. »
Peut-être plus significatif encore, le train favorise les interactions sociales. « On peut avoir de vraies interactions avec les autres voyageurs, surtout dans un train de nuit », ajoute Alisée Pierrot, contrastant avec le silence typique d’un vol. Otoon confirme, ayant passé plusieurs jours avec un compagnon de voyage russe dans le Transsibérien malgré la barrière de la langue. « C’est un super moyen de rencontrer et de découvrir les gens ; ils sont généralement très accueillants. »
Embrasser le voyage avec des escales stratégiques
Pour les longs trajets, les voyageurs aguerris recommandent fortement d’utiliser les correspondances pour couper le voyage. « Le mieux, c’est de prendre le temps de s’arrêter en chemin. On peut passer quelques heures dans une ville européenne qu’on n’aurait jamais visitée autrement », explique Alisée Pierrot. Elle illustre : « On peut aller manger au restaurant à Milan avant de prendre un couchette pour les Pouilles. Ça permet d’avoir plusieurs voyages dans le voyage. »
Thibault Constant conseille de ne pas prendre plus de deux trains dans une même journée. « En faisant une halte intermédiaire de quelques heures, on visite un pays supplémentaire et on est plus reposé pour la suite », dit-il, notant que cela réduit aussi le stress des correspondances serrées. « Ça change énormément de choses. »
Télétravailler et tendances futures
Pour ceux qui craignent que le voyage n’empiète sur leurs jours de congés, le train peut devenir un bureau mobile. « Dans le train, il y a le Wi-Fi, qui permet généralement de télétravailler dans de bonnes conditions », note Thibault Constant.
Une tendance d’avenir est le concept de « temps de trajet responsable » (TTR). « Quelques entreprises proposent à leurs salariés un ou deux jours de congés supplémentaires pour les personnes qui voyagent en mode de déplacement doux », explique Alisée Pierrot. Si de telles politiques ne sont pas encore répandues, la meilleure solution actuelle reste de monter à bord avec un bon livre et de laisser le rythme des rails donner le tempo de votre aventure.
