Une opération basée sur le renseignement dans le district de Bannu, au Khyber Pakhtunkhwa, a abouti à l’élimination d’au moins 12 terroristes et au martyre d’un officier de police, ont confirmé les autorités samedi. Le raid conjoint, mené par la police du district et le Département de lutte contre le terrorisme (CTD), a également blessé plusieurs militants et permis la récupération d’un engin explosif improvisé de forte puissance.
**Frappe de précision dans un bastion militant**
L’opération s’est déroulée tôt le matin dans la juridiction de Thana Miryan. Selon un communiqué du Bureau central de la police (CPO), les forces de sécurité ont utilisé des technologies de drones modernes et des systèmes de surveillance avancés pour suivre les mouvements des militants en temps réel, garantissant un avantage tactique lors de l’assaut au sol.
Au cours de l’opération de ratissage, les agents de sécurité ont découvert un engin explosif improvisé (IED) de 10 kilogrammes. L’équipe de déminage a été immédiatement dépêchée sur place, et le dispositif a été désamorcé en toute sécurité, évitant une catastrophe potentielle. Un officier de police a été blessé lors des échanges de tirs et a été rapidement évacué vers un établissement médical voisin pour y être soigné.
**Hausse des opérations antiterroristes**
Le raid de Bannu s’inscrit dans le cadre d’une répression élargie et intensifiée contre les réseaux militants dans la région. L’opération intervient quelques jours seulement après que les forces de sécurité ont annoncé la mort de 23 terroristes, dont un chef de file de grande valeur identifié comme Jan Meer alias Toor Saqib, lors de multiples opérations basées sur le renseignement à Datta Khel, Spinwam et Bannu.
L’Inspecteur général de la police (IGP) du Khyber Pakhtunkhwa, Zulfiqar Hameed, a juré que la campagne contre les groupes armés se poursuivrait sans interruption. « Les opérations contre Fitna al-Khawarij et les terroristes se poursuivront. La police du Khyber Pakhtunkhwa reste en première ligne pour la protection des vies et des biens publics, et chaque attaque des ennemis sera ripostée de manière décisive », a déclaré l’IGP Hameed.
**Contexte sécuritaire régional**
Le Pakistan a connu une escalade significative de l’activité terroriste transfrontalière, en particulier dans les provinces frontalières du Khyber Pakhtunkhwa et du Baloutchistan, depuis le changement de pouvoir en Afghanistan en 2021. Islamabad a constamment exhorté le régime taliban afghan à empêcher que son territoire ne soit utilisé comme tremplin pour des attaques contre le Pakistan.
Malgré des démarches diplomatiques répétées, l’administration intérimaire afghane a refusé de prendre des mesures décisives contre les groupes terroristes impliqués dans des attaques contre les forces de sécurité et les civils pakistanais. Cette impasse a conduit au lancement de l’opération Ghazab lil-Haq plus tôt cette année, après un fragile accord de cessez-le-feu en octobre 2025 qui s’est effondré suite à des tirs transfrontaliers non provoqués.
Le sacrifice de l’officier martyr souligne le coût humain permanent de la sécurisation de la frontière occidentale volatile, alors que les forces de l’ordre restent engagées dans une lutte prolongée pour démanteler l’infrastructure militante bien implantée.
