Plus de 400 parrainages déjà collectés selon Louis Aliot
Le maire de Perpignan et premier vice-président du Rassemblement National, Louis Aliot, a annoncé jeudi que le parti avait déjà réuni plus de 400 soutiens d’élus en faveur d’une candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027. Invité sur TF1, il a écarté les inquiétudes concernant le seuil légal des 500 signatures, qualifiant le dispositif actuel de « profondément défaillant » et de « mauvaise procédure pour l’élection présidentielle ».
« Nous avons plus de 400 élus à l’heure actuelle », a déclaré Louis Aliot, se disant « moins inquiet » que lors des précédentes campagnes présidentielles. Le Rassemblement National a historiquement rencontré des difficultés pour obtenir les parrainages requis, un obstacle qui avait failli compromettre la candidature de Marine Le Pen en 2022 avant qu’elle ne parvienne finalement à se qualifier.
Une remise en cause du système de parrainage
Louis Aliot a critiqué la règle imposant aux candidats de recueillir 500 signatures de parlementaires, de maires ou de conseillers départementaux et régionaux. En vigueur depuis 1976, cette disposition vise à écarter les candidatures fantaisistes, mais ses détracteurs estiment qu’elle pénalise de manière disproportionnée les formations ne disposant pas d’un ancrage local profond.
« Nous devons permettre aux candidats représentatifs et sérieux de pouvoir se présenter », a affirmé Louis Aliot, décrivant le processus comme « un système très imparfait ». Ses propos font écho à une frustration plus large au sein de la classe politique. La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon a également qualifié l’exigence de signatures de « défi majeur », selon la députée Clémence Guetté, alors même que les sondages placent Jean-Luc Mélenchon à proximité du second tour.
Des situations contrastées selon les candidats
À l’inverse, David Lisnard, maire libéral de Cannes issu des Républicains et président de l’Association des maires de France, a déjà affirmé avoir obtenu la totalité des 500 parrainages. Rarement cité dans les enquêtes d’opinion nationales, David Lisnard s’est appuyé sur son réseau d’élus locaux pour franchir ce seuil très tôt.
Louis Aliot a reconnu que « recueillir des parrainages est une épreuve pour un candidat », tout en soulignant que la capacité d’organisation du Rassemblement National s’est nettement améliorée. Le parti contrôle désormais des centaines de conseils municipaux et de sièges régionaux, offrant une base de soutiens potentiels plus large que lors des élections précédentes.
Un enjeu politique majeur à l’approche de 2027
La collecte des parrainages reste un test initial déterminant pour les prétendants à l’Élysée. Les candidats doivent transmettre leurs signatures au Conseil constitutionnel, qui en vérifie la validité puis publie la liste définitive des candidats qualifiés. Ne pas atteindre 500 signatures entraîne une disqualification automatique, indépendamment des intentions de vote.
Marine Le Pen a été la candidate du Rassemblement National lors des trois dernières élections présidentielles, atteignant le second tour en 2017 et en 2022. Si elle n’a pas encore officialisé sa candidature pour 2027, les responsables du parti ont régulièrement laissé entendre qu’elle comptait se présenter. Le jeune président du RN, Jordan Bardella, a également été évoqué comme une alternative possible, mais les déclarations de Louis Aliot suggèrent que le parti se range derrière Marine Le Pen.
Le débat sur les règles de parrainage devrait s’intensifier à mesure que l’échéance de 2027 approche. Certains parlementaires ont proposé d’abaisser le seuil requis ou de rendre les parrainages anonymes afin de protéger les maires des pressions politiques. Un rapport récent a souligné que de nombreux élus locaux refusent de parrainer des candidats par crainte de se faire « attaquer » par leurs administrés ou par des rivaux politiques.
