Affaire Joël Le Scouarnec : une victime porte plainte contre son ex-épouse pour complicité morale

Affaire Joël Le Scouarnec : une victime porte plainte contre son ex-épouse pour complicité morale

Céline Mahuteau, l’une des 298 victimes du chirurgien serial violeur condamné Joël Le Scouarnec, a déposé une plainte pénale pour « complicité aggravée par omission » contre son ex-épouse, Marie-France Le Scouarnec.

La plainte, déposée le 6 décembre et confirmée par l’avocate de Céline Mahuteau, allègue que le comportement de Marie-France Le Scouarnec a été perçu par son mari de l’époque comme « un encouragement, une assistance morale à la commission de son crime ». Mahuteau, violée par le chirurgien en 1991 à l’âge de sept ans, soutient que l’ex-épouse a constitué une « garantie morale » pour ses actes.

L’accusation centrale est que Marie-France Le Scouarnec était au courant de la pédophilie de son mari. La plainte indique qu’elle a « sciemment » laissé le chirurgien pédiatre se rendre à la clinique chaque matin, en sachant qu’il « allait passer ses journées avec ses patients, qui étaient pour la plupart des enfants ».

La plainte de Céline Mahuteau, citant des auditions de proches, affirme que cette connaissance remontait à 1985, lorsque Marie-France Le Scouarnec aurait su que son mari portait un intérêt inapproprié à une arrière-petite-nièce mineure. Elle prétend en outre qu’elle « invitait, recevait et sollicitait » des enfants de la famille et des amis pour dormir au domicile familial, malgré sa connaissance supposée des « poupées sexuelles et des carnets noirs » de son mari.

Le dépôt de plainte de la victime résume que les déclarations « contradictoires » de Marie-France Le Scouarnec démontrent qu’elle a « sciemment aidé et assisté son mari dans la commission des infractions en approuvant son comportement et en s’y associant activement ».

Lors du procès de Joël Le Scouarnec, qui a duré plus de trois mois au début de l’année, son ex-épouse a nié toute connaissance. « Ce n’était pas écrit sur son visage. Je n’ai jamais eu de doute, rien ne le laissait supposer », a déclaré la septuagénaire.

Joël Le Scouarnec a été condamné en mai à vingt ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles commis dans les cliniques où il a exercé entre 1989 et 2014. Dans un développement séparé mais lié, le parquet de Lorient a ouvert en juillet une enquête judiciaire pour « abstention d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité de la personne » contre personne non identifiée (X).