Le hub de gaz naturel liquéfié (GNL) de Ras Laffan au Qatar, le plus important au monde, a subi des dégâts étendus à la suite de frappes iraniennes multiples. Cette attaque marque une escalade dangereuse du conflit au Moyen-Orient et suscite de vives craintes pour les approvisionnements énergétiques globaux.
**Infrastructures Critiques Sous le Feu**
La compagnie d’État QatarEnergy a fait état d’« incendies importants » et de dommages significatifs sur plusieurs installations GNL à Ras Laffan après des attaques successives. Cet événement fait suite à une frappe antérieure, mercredi, ayant déjà causé des dégâts considérables à une usine de transformation de gaz en liquides (GTL) au sein de la Cité Industrielle de Ras Laffan.
Ces attaques ont contraint QatarEnergy à suspendre la production de GNL plus tôt ce mois-ci et à déclarer un cas de force majeure, provoquant une flambée des prix du gaz sur les marchés internationaux. Le Qatar partage le plus grand réservoir de gaz naturel du monde avec l’Iran, la partie qatarienne détenant environ 10 % des réserves mondiales connues.
**Sites Énergétiques Régionaux Ciblés**
La frappe sur Ras Laffan intervient après des attaques visant de multiples sites énergétiques critiques dans la région :
* **South Pars/North Dome** : Le plus grand champ gazier d’Iran, fournissant 70% du gaz naturel domestique, a été touché mercredi, causant des incendies selon la télévision d’État.
* **Île de Kharg** : Le principal terminal d’exportation de pétrole brut iranien a été frappé par les forces américaines samedi, bien que les officiels affirment que les exportations se poursuivent normalement.
* **Raffinerie de Ruwais** : La quatrième plus grande raffinerie mono-site au monde, située à Abou Dhabi, a interrompu ses opérations ce mois-ci après des attaques de drones.
* **Ras Tanura** : La raffinerie cruciale de l’Arabie Saoudite a été ciblée à plusieurs reprises, entraînant des incendies et des arrêts partiels.
**Conséquences Économiques et Stratégiques**
Le conflit a considérablement réduit la production énergétique du Golfe, les exportations de pétrole et de produits pétroliers étant passées de 30 millions de barils par jour l’année dernière à 20 millions actuellement, selon l’Agence Internationale de l’Énergie.
Les prix du pétrole ont bondi de plus de 5% jeudi, le Brent atteignant plus de 112 dollars le baril. Le président d’Aramco a averti que la guerre pourrait avoir des « conséquences catastrophiques » sur les marchés pétroliers.
Le président américain Donald Trump a déclaré qu’Israël était à l’origine de l’attaque sur South Pars et a averti que si l’Iran poursuivait ses attaques contre le Qatar, les forces américaines « feraient sauter la totalité » du champ de South Pars.
**Menace de Blocus du Détroit d’Hormuz**
L’Iran s’est engagé à bloquer toutes les exportations de pétrole via le détroit d’Hormuz, prenant pour cible les navires tentant de transiter par ce point de passage crucial qui traite environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Trump avait précédemment menacé de cibler les infrastructures de l’île de Kharg si l’Iran persistait à bloquer le détroit.
Ces attaques représentent une nouvelle phase périlleuse dans le conflit, les infrastructures énergétiques mondiales critiques devenant des cibles prioritaires, menaçant de déstabiliser les marchés et d’intensifier encore les tensions régionales.
