L’Iran a promis de s’attaquer aux cibles pétrolières et gazières dans toute la région du Golfe, marquant une nouvelle phase dangereuse de son conflit avec Israël et les États-Unis. Cette menace fait directement suite à ce que l’Iran présente comme une frappe israélienne sur ses installations du gigantesque champ gazier de South Pars mercredi, une escalade majeure qui a fait bondir les prix mondiaux du pétrole.
La compagnie énergétique étatique qatarie, QatarEnergy, a fait état de « dégâts considérables » après que sa ville industrielle de Ras Laffan a été touchée par des missiles iraniens. Simultanément, l’Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté des missiles balistiques visant Riyad et déjoué une attaque de drone contre une installation gazière dans l’Est. Ces frappes représentent un élargissement significatif du conflit, menaçant directement la région productrice d’énergie la plus critique au monde.
**Le Qatar réprimande les deux camps et expulse des diplomates iraniens**
Pris dans la ligne de tir, le Qatar a adressé de rares réprimandes aux deux nations. Son ministère des Affaires étrangères a condamné Israël pour une attaque « dangereuse et irresponsable » sur les installations de South Pars, qui font partie du plus grand gisement de gaz naturel du monde, partagé par l’Iran et le Qatar. Il a simultanément dénoncé les frappes de missiles iraniennes comme « une violation flagrante » du droit international et expulsé deux hauts diplomates iraniens.
Cette escalade brise un précédent accord tacite visant à éviter de cibler les infrastructures énergétiques civiles. L’Iran a publié une liste d’installations régionales spécifiques qu’il considère désormais comme des « cibles directes et légitimes », incluant des raffineries majeures et des complexes pétrochimiques en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar, avertissant qu’elles devaient être évacuées immédiatement.
**Les marchés mondiaux de l’énergie en plein tumulte**
L’impact du conflit sur les approvisionnements énergétiques mondiaux est désormais sans précédent. Les prix du baril de Brent de référence ont bondi d’environ 5% pour dépasser 108 dollars. La guerre a déjà effectivement fermé le détroit d’Hormuz, un point de passage obligé pour 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, et menace de causer des dommages durables aux infrastructures de production.
* Le prix du diesel américain a dépassé 5 dollars le gallon pour la première fois depuis 2022.
* Les prix à la production américains ont enregistré leur plus forte hausse en sept mois en février, avec une accélération supplémentaire attendue.
* Le président français Emmanuel Macron a appelé à un « moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles », en particulier énergétiques et hydrauliques.
**Les frappes militaires s’étendent dans toute la région**
La guerre, qui a commencé il y a près de quatre semaines avec des attaques américano-israéliennes sur l’Iran, s’est rapidement étendue. Israël a mené des frappes aériennes intenses sur le centre de Beyrouth, détruisant des immeubles d’habitation. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que « personne en Iran n’a l’immunité », après que des opérations israéliennes ont tué des hauts responsables iraniens, dont le ministre du renseignement Esmail Khatib et le chef de la sécurité Ali Larijani.
L’Iran a riposté par des attaques de missiles sur Israël, incluant l’utilisation de munitions à sous-munitions. Le bilan humain s’alourdit dans toute la région :
* Plus de 3 000 personnes auraient été tuées en Iran depuis le 28 février.
* Les autorités libanaises font état de 900 morts et 800 000 déplacés.
* Au moins 15 personnes ont été tuées en Israël, avec des victimes également signalées en Cisjordanie, en Irak et dans les États du Golfe.
* Au moins 13 militaires américains ont été tués.
**Appels internationaux à la diplomatie face à l’envolée des enjeux**
À Washington, des responsables du renseignement américain ont indiqué que si le gouvernement iranien avait été affaibli, il restait intact et capable de s’attaquer aux intérêts américains. La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a souligné que le passage sûr par le détroit d’Hormuz était une priorité et a appelé à une solution diplomatique.
Le ciblage direct d’infrastructures énergétiques partagées marque un tournant périlleux, rehaussant les enjeux pour la stabilité économique mondiale et intensifiant la pression sur toutes les parties impliquées pour rechercher une désescalade.
