Le gouvernement cubain a dévoilé un vaste paquet de mesures d’urgence vendredi, incluant une semaine de travail obligatoire de quatre jours pour les entreprises d’État, dans une tentative drastique d’économiser du carburant au milieu d’une crise énergétique paralysante qu’il imprime à la pression accrue des États-Unis.
**Mesures d’urgence dans les secteurs clés**
Le vice-premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga a annoncé ces mesures à la télévision d’État, affirmant que l’objectif est de « garantir la vie de notre pays, les services de base, sans renoncer au développement ». Le plan redirige le carburant rare vers les services essentiels et les activités économiques vitales.
Les mesures principales comprennent :
* Une réduction de la semaine de travail dans le secteur étatique à quatre jours, du lundi au jeudi.
* Des restrictions sur les ventes de carburant au public.
* Une réduction des services de bus et de trains interprovinciaux.
* La fermeture de certaines installations touristiques.
* Des journées scolaires raccourcies et un passage à l’apprentissage hybride dans les universités.
Les responsables affirment que ces étapes permettront d’économiser du carburant pour la production alimentaire, la génération d’électricité et la préservation des activités génératrices de devises étrangères.
**La pression américaine intensifie une crise de longue date**
L’île de 9,6 millions d’habitants, sous embargo économique américain depuis 1962, est enlisée dans une grave crise économique depuis six ans. Ces dernières semaines, Washington a considérablement resserré la vis.
Suite à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro début janvier – qui a interrompu les livraisons cruciales de pétrole de l’allié clé de Cuba – l’ancien président américain Donald Trump a signé un décret la semaine dernière. Il autorise des tarifs potentiels sur les pays vendant du pétrole à La Havane. Trump a également affirmé que le Mexique, un fournisseur depuis 2023, cesserait ses exportations de pétrole vers Cuba.
Washington justifie sa politique en citant une « menace extraordinaire » pour la sécurité nationale américaine de la part de l’île des Caraïbes, située à seulement 150 km de la Floride. La Havane, en retour, accuse Trump de chercher à « asphyxier » son économie, où les coupures de courant et les pénuries de carburant – déjà chroniques ces dernières années – se sont dramatiquement aggravées.
**Une population en mode survie**
Les nouvelles mesures entérinent une réalité de pénurie que les Cubains endurent depuis des mois. Des reportages de la capitale décrivent des citoyens passant des heures dans des files d’attente pour de l’essence, avec des transports publics sévèrement limités et des pannes d’électricité durant plus de 15 heures par jour dans certaines zones. Le gouvernement présente ses actions comme nécessaires à la survie nationale face à ce qu’il appelle une guerre économique.
Le succès de ces mesures d’austérité pour stabiliser la situation énergétique reste incertain, alors que Cuba navigue l’une de ses crises les plus graves depuis des décennies sous une pression externe implacable.
