Les autorités judiciaires françaises ont ouvert deux enquêtes distinctes suite aux décès de nouveau-nés ayant consommé des laits infantiles de la marque Nestlé, rappelés en raison d’un risque potentiel de contamination bactérienne. Bien qu’un lien causal direct n’ait pas encore été établi, ces drames ont déclenché une alerte majeure en matière de sécurité alimentaire.
Le premier dossier concerne un bébé né le 25 décembre, décédé le 8 janvier à l’hôpital de Pessac, près de Bordeaux. Le parquet a confirmé que le nourrisson avait été alimenté avec du lait de la marque Guigoz – visée par un rappel de Nestlé – entre le 5 et le 7 janvier. L’enfant avait été transporté d’urgence à l’hôpital après que sa mère eut constaté des troubles digestifs.
Une seconde enquête, à Angers, examine le décès survenu le 23 décembre d’une petite fille âgée de 27 jours. La mère de l’enfant a récemment informé les enquêteurs qu’elle avait également donné du lait Guigoz à son bébé, une piste qualifiée de « sérieuse » par le parquet.
Le rappel et la toxine incriminée
Nestlé a initié un vaste rappel mondial le 5 janvier pour certains lots de ses laits infantiles Guigoz et Nidal. Cette décision fait suite au risque potentiel de présence de céréulide, une toxine produite par la bactérie Bacillus cereus. Cette toxine peut provoquer de violents vomissements dans les heures suivant l’ingestion.
Dans l’affaire bordelaise, les premiers tests n’auraient pas révélé de trace de la bactérie elle-même, mais des analyses complémentaires pour détecter la toxine céréulide sont en attente. Les autorités soulignent qu’à ce stade, aucun lien de causalité entre la consommation du lait et les maladies des nourrissons n’est prouvé.
Réactions officielles et alerte élargie
Dans une déclaration commune, les ministères français de l’Agriculture et de la Santé ont évoqué une alerte sanitaire « évolutive » d’ampleur significative, promettant une surveillance continue. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a insisté sur la responsabilité des entreprises en matière de contrôles et de rappels, précisant que l’enquête déterminera si un lien existe.
La situation s’est élargie avec l’annonce mercredi par le géant laitier français Lactalis de son propre rappel important de laits infantiles dans plusieurs pays, lié à un ingrédient potentiellement contaminé provenant d’un fournisseur chinois.
Des répercussions internationales
Le rappel de Nestlé concerne approximativement 60 pays. Le PDG du groupe suisse a présenté ses excuses, même si des ONG ont critiqué la société pour avoir agi trop lentement. L’ONG Foodwatch a annoncé son intention de déposer plainte pour « faire la lumière » sur ces rappels, affirmant que des millions de nourrissons dans le monde sont concernés.
