L’armée israélienne a annoncé tard mardi avoir lancé une série de frappes ciblant ce qu’elle a qualifié d’« infrastructure du régime terroriste » à Téhéran. Cela marque une escalade significative dans le conflit en cours au Moyen-Orient, désormais dans son 26e jour. L’annonce est intervenue peu après qu’Israël a rapporté avoir détecté des missiles iraniens se dirigeant vers son territoire.
Selon le canal Telegram officiel des Forces de Défense Israéliennes, l’opération visait spécifiquement des installations du régime iranien dans la capitale. Cela représente l’une des confrontations les plus directes entre les deux nations dans le conflit actuel.
**Représailles Iraniennes et Attaques Régionales**
Plus tôt mercredi, les Gardiens de la Révolution iraniens ont revendiqué la responsabilité d’attaques de missiles visant plusieurs pays. La télévision d’État (Irib) a rapporté que des missiles de précision et des drones d’attaque avaient été tirés vers Israël, le Koweït, Bahreïn et la Jordanie.
Les cibles rapportées comprenaient :
* Des zones dans le nord et le centre d’Israël, dont Tel Aviv
* Deux bases militaires américaines au Koweït
* Une base militaire à Bahreïn
* Une base en Jordanie
Au Koweït, les attaques se sont poursuivies mercredi avec des drones et des missiles ciblant le pays. L’armée koweïtienne a rapporté que ses défenses anti-aériennes répondaient activement à ces attaques hostiles. Un réservoir de carburant à l’aéroport international du Koweït a pris feu après avoir été touché par une attaque de drone, bien que les autorités n’aient signalé que des dégâts matériels sans victimes.
**Manoeuvres Diplomatiques en Plein Conflit**
Alors que les actions militaires s’intensifiaient, les efforts diplomatiques ont pris de l’ampleur. Le président américain Donald Trump a déclaré mardi que des négociations étaient actuellement en cours avec « les bonnes personnes » en Iran pour parvenir à un accord. Il a mentionné que l’Iran avait offert aux États-Unis « un très gros cadeau » lié aux hydrocarbures, sans fournir de détails spécifiques.
Les États-Unis auraient présenté à l’Iran un plan en 15 points visant à mettre fin au conflit par l’intermédiaire de médiateurs pakistanais. Selon des rapports médiatiques, le plan inclut des demandes pour que l’Iran abandonne tout son combustible nucléaire enrichi, démantèle des installations nucléaires clés, abandonne le soutien aux groupes par procuration comme le Hezbollah et le Hamas, accepte des limites à son programme de missiles et maintienne le détroit d’Ormuz ouvert au trafic maritime.
En retour, l’Iran recevrait un allègement des sanctions internationales et un soutien pour son programme nucléaire civil.
**Retombées Régionales et Impact Humanitaire**
Le conflit s’est étendu sur plusieurs fronts avec des conséquences humanitaires significatives :
* Au Liban, des frappes aériennes israéliennes ont tué au moins neuf personnes pendant la nuit dans les régions du sud, considérées comme des bastions du mouvement Hezbollah soutenu par l’Iran. L’armée israélienne a également averti les résidents d’évacuer les banlieues sud de Beyrouth avant des frappes imminentes.
* Douze personnes ont été blessées dans des attaques de missiles près de Tel Aviv, avec des dégâts signalés sur des bâtiments résidentiels à Bnei Brak et Givat Shmuel. Dans le nord d’Israël, une femme a été tuée par des tirs de roquettes en provenance du Liban.
* L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a exprimé son inquiétude après que l’Iran a rapporté que sa centrale nucléaire de Bouchehr avait été touchée, bien qu’aucun dommage à l’installation elle-même n’ait été signalé. Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a appelé à une « retenue maximale » pour éviter les risques pour la sûreté nucléaire pendant le conflit.
**Réponse Internationale et Impact Économique**
Les dirigeants mondiaux ont appelé à la désescalade. Le président français Emmanuel Macron a exhorté l’Iran à s’engager dans des négociations de bonne foi, tandis que le pape Léon XIV a renouvelé son appel à un cessez-le-feu et au dialogue. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a souligné que « le dialogue est toujours meilleur que la guerre » lors d’un appel téléphonique avec son homologue iranien.
Le conflit a déclenché d’importantes préoccupations économiques, notamment concernant les approvisionnements énergétiques. Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a mis en garde contre un « nouveau choc pétrolier » qui pourrait affecter la croissance économique si les perturbations énergétiques persistent. Les stratégies de stockage de gaz européennes sont reconsidérées alors que le blocus du détroit d’Ormuz et les attaques contre les infrastructures énergétiques qatariennes menacent les approvisionnements.
Les marchés financiers ont montré une activité inhabituelle, avec un pic dans les échanges pétroliers quelques minutes avant l’annonce du président Trump concernant les négociations avec l’Iran, soulevant des questions sur un possible délit d’initié.
**Une Issue Incertaine**
Malgré les efforts diplomatiques, l’armée israélienne a déclaré qu’elle poursuivrait ses opérations « selon un plan inchangé », indépendamment des négociations. Parallèlement, les États-Unis prépareraient le déploiement d’environ 3 000 parachutistes de la 82e division aéroportée au Moyen-Orient pour soutenir les opérations contre l’Iran.
Alors que le conflit entre dans sa quatrième semaine, avec de multiples fronts actifs de la Méditerranée au Golfe Persique, la communauté internationale est confrontée au défi de contenir une guerre régionale qui menace la sécurité énergétique mondiale et a déjà déplacé plus d’un million de personnes selon l’évaluation du pape.
