L’ancien Premier ministre incarcéré, Imran Khan, a déposé une requête devant la Haute Cour d’Islamabad (IHC) pour demander la suspension de sa peine de prison de 17 ans dans l’affaire Toshakhana-2 et obtenir sa libération sous caution pour des raisons médicales et humanitaires urgentes.
**Une condition oculaire sérieuse invoquée**
Dans une demande incidente déposée par son équipe juridique, le fondateur du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), âgé de 73 ans, affirme être atteint d’une « affection grave » de l’œil droit. La requête révèle qu’un caillot de sang a gravement endommagé l’œil, ne lui laissant que 15% de sa vision. Elle soutient que cette complication médicale « est d’une gravité et d’une gravité telles qu’elle ne peut être traitée dans l’enceinte de la prison ».
La demande a été soumise suite à une récente audience à la Cour suprême où cette condition aurait été mise en lumière. Les avocats de Khan, Barrister Salman Safdar et Salman Akram Raja, soutiennent que leur client a un « cas exceptionnellement solide » pour la suspension de sa peine, tant sur le fond de l’affaire que sur les nouveaux motifs médicaux apparus.
**Allégations de victimisation politique**
La requête présente la condamnation de Khan comme faisant partie d’une « campagne continue de victimisation politique ». Elle allègue que depuis son éviction du pouvoir, Khan et son épouse, Bushra Bibi, ont fait face à un « schéma ciblé et implacable d’actions judiciaires » dans de multiples juridictions.
En outre, la demande accuse les agences d’enquête — notamment le Bureau national de responsabilité (NAB), l’Agence fédérale d’enquête (FIA) et la Commission électorale du Pakistan (CEP) — d’être « visiblement manipulées comme un outil politique » par les adversaires de Khan pour poursuivre des « affaires politiquement motivées » et « régler des comptes politiques ».
**Contexte de l’affaire Toshakhana-2**
En décembre de l’année dernière, un tribunal spécial a condamné Imran Khan et Bushra Bibi à 17 ans de prison chacun dans l’affaire Toshakhana-2. Cette affaire concerne l’achat présumé à un prix sous-évalué et la revente ultérieure de cadeaux d’État de luxe, en l’occurrence un coffret de bijoux Bulgari de grande valeur.
* Le couple a été reconnu coupable en vertu des articles 34 et 409 du Code pénal pakistanais, écopant chacun de 10 ans de prison.
* Une peine supplémentaire de sept ans de prison chacun a été prononcée en vertu de la loi sur la prévention de la corruption.
* Une amende combinée de 16,4 millions de roupies a également été infligée.
Le jugement a noté que le tribunal avait pris en compte le grand âge de Khan et le fait que Bushra Bibi soit une femme lors du prononcé des peines. L’affaire a été instruite par le NAB puis transférée à un tribunal anticorruption de la FIA.
**Requête distincte dans l’affaire Al-Qadir Trust**
Dans une démarche judiciaire connexe, une demande distincte a été déposée pour solliciter une audience anticipée concernant une requête visant à suspendre la peine de Khan dans l’affaire très médiatisée du trust Al-Qadir, également connue sous le nom de l’arnaque des 190 millions de livres sterling.
L’IHC n’a pas encore programmé d’audiences pour ces demandes. L’issue est surveillée de près dans un contexte de tensions politiques persistantes et d’un sit-in de partisans de l’opposition devant le Parlement, en partie motivé par des inquiétudes concernant l’état de santé d’Imran Khan.
