Les dirigeants du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) ont fait des déclarations explosives selon lesquelles le fondateur emprisonné du parti, l’ancien Premier ministre Imran Khan, a subi une opération des yeux au Pakistan Institute of Medical Sciences (PIMS) à l’insu de sa famille. Ces allégations ont déclenché une confrontation politique majeure, des figures senior du PTI s’étant rassemblées devant la Cour suprême pour protester contre ce qu’ils décrivent comme un déni de droits fondamentaux.
Le secrétaire général du PTI, Salman Akram Raja, a déclaré aux médias que les cercles gouvernementaux ont « trompé le public » sur l’état de santé de Khan pendant cinq jours. « Il ne bénéficiait pas des droits humains fondamentaux malgré sa détention », a affirmé Raja devant la Cour suprême, où près de 200 parlementaires du PTI s’étaient réunis.
Le ministre en chef du Khyber Pakhtunkhwa, Sohail Afridi, qui a rejoint la protestation, a déclaré que la famille de Khan n’avait pas été informée des examens médicaux effectués en prison ni de son transfert ultérieur au PIMS. « La situation en est arrivée au point d’une opération chirurgicale et d’un transfert au PIMS depuis la prison d’Adiala, pourtant la famille a été tenue dans l’ignorance totale », a-t-il soutenu.
Le ministre en chef a en outre mis en doute la qualité des soins prodigués, alléguant que le PIMS manquait d’un spécialiste de la rétine. Il a accusé les ministres fédéraux d’avoir menti sur l’état de Khan pendant cinq jours et a affirmé que l’ancien premier ministre avait été conduit à l’hôpital « sous le couvert de l’obscurité ».
Les affirmations du PTI interviennent un jour après que le ministre de l’Information, Attaullah Tarar, a confirmé que Khan avait été brièvement conduit au PIMS où des ophtalmologues l’ont examiné. Selon Raja, le gouvernement n’a reconnu la situation que jeudi, après quoi les représentants du PTI se sont rendus à la prison d’Adiala.
Raja a révélé que lui-même et l’avocat senior Latif Khosa avaient tenté sans succès de rencontrer le juge en chef Yahya Afridi, ce dernier n’étant pas présent dans son cabinet. Ils ont ensuite rencontré le registraire de la Cour suprême sur instruction du juge en chef. « Le procureur général a également été informé de l’affaire », a ajouté Raja.
Le PTI a annoncé son intention de maintenir son rassemblement devant la Cour suprême. « Nous avons décidé de nous asseoir ici », a déclaré Raja, avertissant que si les droits fondamentaux du fondateur du PTI sont bafoués, « les droits de personne ne seront protégés ».
Cette situation met en lumière les tensions persistantes entre le PTI et l’administration actuelle concernant le traitement de l’ancien dirigeant emprisonné. Les allégations du parti sur le secret médical et les violations des droits ajoutent une nouvelle dimension au paysage politique complexe du Pakistan, avec des implications pour le contrôle judiciaire et les normes relatives aux droits des détenus.
