La porte-parole de la Maison-Blanche, Katie Zacharia, quitte ses fonctions après une première semaine qualifiée de désastreuse, a confirmé un haut responsable américain à l’AFP le vendredi 16 octobre. Sa démission intervient sept jours seulement après sa nomination, annoncée le vendredi 9 octobre.
Ce responsable a confirmé une information de Fox News selon laquelle Zacharia quittait officiellement son poste. Selon les médias américains, le président Donald Trump avait déjà poussé sa porte-parole vers la sortie plus tôt dans la journée, l’invitant à « reconsidérer » sa position.
Trump doutait de son adéquation au poste
« Je viens de lui parler à ce sujet. J’ai dit : « Katie, est-ce que c’est fait pour toi ? » Je ne pense pas », a déclaré Trump aux journalistes lors d’un échange à la Maison-Blanche. Le sort de la porte-parole, qui succédait à la fidèle Karoline Leavitt, semblait scellé dès le vendredi matin.
Tout au long de sa première semaine, Zacharia, ancienne consultante de Fox News, s’est efforcée sans succès de convaincre la presse de sa nomination. Lors de son premier briefing, mardi, elle a lu sa déclaration très lentement, les yeux rivés sur le pupitre et en hésitant à plusieurs reprises. Elle a également commis un lapsus notable, confondant son « mari » avec le « président » Donald Trump.
Des interviews ratées dans les médias conservateurs
Plus tard dans la semaine, les entretiens de Zacharia avec des journalistes et des médias ancrés dans le camp conservateur — censés l’aider à rebondir — ont eu l’effet inverse et affaibli davantage sa position.
La porte-parole a notamment été mise en difficulté jeudi soir par Sean Hannity, animateur vedette de Fox News personnellement proche du président. « Vous dites que votre équipe aurait dû mieux vous préparer ? » a demandé l’animateur, ouvertement sceptique, en référence au premier briefing de la nouvelle porte-parole, mardi, vif et particulièrement laborieux.
Hannity a ensuite longuement interrogé Zacharia sur ses qualifications professionnelles, au cœur d’une controverse depuis l’annonce de sa nomination. Il a pressé la porte-parole, qui s’était présentée comme avocate, d’admettre qu’elle n’avait pas réussi l’examen du barreau. Son CV a été débattu à travers les États-Unis toute la semaine.
Un retour au chaos du premier mandat
Dans un second mandat marqué jusqu’ici par une relative discipline, le départ précipité de Zacharia rappelle le chaos et le ballet des conseillers qui avaient caractérisé le premier passage de Donald Trump à la Maison-Blanche (2017-2021).
Un épisode emblématique de cette époque fut le limogeage en 2017 du directeur de la communication de la Maison-Blanche, Anthony Scaramucci, après seulement 11 jours — un record que Zacharia a largement dépassé.
Avant son bref passage à la Maison-Blanche, Zacharia n’avait occupé le poste de porte-parole du département de la Sécurité intérieure que pendant six semaines. Elle avait quitté ce rôle en invoquant l’éloignement de sa famille, restée en Californie.
