L’administration Trump tente de contenir les retombées politiques du tir mortel d’Alex Pretti par des agents de la Border Patrol à Minneapolis, survenu le 24 janvier. Après avoir initialement imputé la faute à la victime, les responsables ont opéré un revirement spectaculaire. Le conseiller principal à l’immigration, Stephen Miller, a reconnu de possibles fautes au sein des forces de l’ordre.
Un récit officiel qui s’effondre
La version officielle présentant Pretti comme un « terroriste » ayant attaqué la police a été démentie par des preuves vidéo, forçant un changement dramatique de rhétorique. Stephen Miller, dans une déclaration, a cherché à isoler la Maison Blanche en affirmant qu’elle avait fourni des « instructions claires » au département de la Sécurité intérieure (DHS). Il a rejeté la responsabilité sur les douanes et la protection des frontières (CBP), déclarant : « Nous examinons pourquoi l’équipe de la CBP n’a peut-être pas suivi le protocole. »
Des accusations internes éclatent
À l’approche des élections de mi-mandat, les figures de l’administration s’activent pour éviter les reproches. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, vivement critiquée pour ses déclarations fausses sur Pretti, a prétendu en privé avoir agi sous la direction du président et de Stephen Miller. À l’inverse, Miller a critiqué les premières déclarations de Noem, depuis infirmées. Des sources indiquent que des responsables de la Maison Blanche, dont Miller, ont poussé à une réponse ferme.
Calcul politique et « désescalade »
Le scandale a déjà conduit au limogeage du chef de la Border Patrol, Greg Bovino. Le président Trump a annoncé une légère « désescalade » des opérations d’immigration dans le Minnesota, un contraste marqué avec sa description initiale de Pretti comme un « tireur ». La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a également pris ses distances avec la rhétorique agressive employée par Miller et Noem immédiatement après l’incident.
L’ombre des élections de mi-mandat
Ce contrôle des dégâts semble motivé par la survie politique. Des élus républicains ont exprimé leur inquiétude, craignant un contrecoup électoral en novembre. Le risque politique a été souligné par Ilena Garcia, cofondatrice de « Latinas for Trump », qui a prédit dans le New York Times que Trump perdrait les midterms « à cause de Stephen Miller ». Bien que le ton de l’administration ait changé, elle n’a pas abandonné son agenda central sur l’immigration, cherchant plutôt à rassurer des alliés républicains nerveux.
