Le mercredi 26 février, le Premier ministre François Bayrou dirigera un comité interministériel de haut niveau sur le contrôle de l’immigration (CICI). Cette initiative vise à répondre aux inquiétudes croissantes du public face à la gestion de la migration. Le contexte est tendu, notamment avec l’Algérie, suite à une attaque terroriste récente à Mulhouse, qui a fait un mort et sept blessés. Le principal suspect, un ressortissant algérien de 37 ans, résidait illégalement en France et avait été refoulé plusieurs fois par l’Algérie, malgré les tentatives françaises de l’expulser.
Le CICI, initialement créé en 2005 et réactivé par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau en janvier, vise à répondre aux attentes des Français pour un meilleur contrôle des flux migratoires. Le comité rassemblera des ministres clés, notamment ceux de l’intérieur, des affaires étrangères, de la justice, du travail et de la santé, pour discuter de stratégies visant à renforcer les contrôles aux frontières, les politiques de visa et les mesures d’expulsion. La réunion abordera également la mise en œuvre du Pacte européen sur l’asile et la migration, adopté en mai 2025, qui vise à renforcer le contrôle aux frontières et à établir un mécanisme de solidarité entre les États membres de l’UE.
L’attaque de Mulhouse a exacerbé les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie, notamment en raison du refus de l’Algérie d’accepter les expulsés. Le Premier ministre Bayrou a qualifié de « inacceptables » les rejets répétés de l’Algérie concernant les demandes d’expulsion françaises. Le suspect de l’attaque de Mulhouse faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), mais est resté en France en raison du manque de coopération de l’Algérie. Cet incident a ravivé les débats au sein du gouvernement français sur la gestion de la migration et des relations diplomatiques avec l’Algérie.
Le ministre de l’Intérieur Retailleau a plaidé pour une approche plus ferme, suggérant la suspension de certains privilèges pour les responsables algériens et une révision des accords bilatéraux datant de 1968. En revanche, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a souligné l’importance de la coopération diplomatique, citant un triplement des expulsions vers l’Algérie suite à un accord conclu en 2022. Malgré ces divisions, la réunion du CICI se concentrera sur des politiques d’immigration plus larges plutôt que sur des questions spécifiques avec l’Algérie, selon Patrick Stefanini, représentant spécial du ministère de l’Intérieur.
Cette réunion met en lumière les efforts du gouvernement français pour équilibrer la demande publique de contrôles plus stricts de l’immigration avec les complexités de la diplomatie internationale. Alors que le débat se poursuit, les résultats de la réunion du CICI pourraient façonner l’approche de la France en matière de migration et ses relations avec des partenaires clés dans les années à venir.