Un ancien enseignant de mathématiques, impliqué dans une enquête majeure sur la violence et la pédocriminalité en France, a de nouveau accusé le Premier ministre François Bayrou et son épouse de ne pas avoir répondu aux signalements d’abus à l’école Notre-Dame-de-Bétharram. Dans une vidéo publiée le 20 février 2025 par Mediapart, cet enseignant affirme que le couple Bayrou a ignoré ses avertissements concernant la maltraitance des élèves.
Cet enseignant, ayant exercé à l’institution catholique de 1994 à 1996, fut parmi les premiers à alerter sur la violence qui s’y produisait. Il a confié à Mediapart avoir souvent été témoin de comportements « inhabituellement agressifs » envers les élèves, qu’il a rapportés à François Bayrou, alors ministre et président du conseil général, sans recevoir de réponse.
Durant sa période d’enseignement, il se souvient d’un incident alarmant où il a entendu un adulte crier sur un enfant, accompagné de bruits de violence physique. Il a approché Elisabeth Bayrou, enseignante de catéchisme à l’école, pour savoir quoi faire, mais n’a reçu qu’une réponse indifférente sous-entendant que les enfants méritaient moins d’attention.
Il a également partagé une rencontre de 1995 où il a exprimé ses inquiétudes directement à François Bayrou lors d’une cérémonie à Pau, ville dont il était le maire. Il l’a exhorté à agir face à la situation sérieuse à Bétharram, ce à quoi Bayrou aurait répondu : « Oui, nous dramatisons. »
Malgré ces allégations, François Bayrou a constamment nié toute connaissance préalable des abus, tant à l’Assemblée nationale que dans les déclarations médiatiques. Le bureau du procureur de Pau a reçu plus d’une centaine de plaintes concernant l’affaire. Récemment, deux anciens surveillants de l’école ont été placés en détention, tandis qu’un ancien prêtre nonagénaire a été relâché.
Les victimes, enfants ou adolescents à l’époque, ont décrit des épisodes répétés d’actes sexuels forcés, de punitions corporelles, de menaces et d’humiliations. Les trois hommes impliqués, nés en 1931, 1955 et 1965, ont été arrêtés pour viol aggravé, agression sexuelle et violence.
En réponse au scandale, une commission d’enquête parlementaire a été mise en place pour examiner la surveillance de l’État français sur la violence dans les établissements éducatifs. La nomination des rapporteurs de la commission est prévue pour le 5 mars.